Hors saison

Le Pouliguen 270113

L’envie me titillait depuis quelques semaines. Et quand je n’y cède pas, ça tourne vite à l’obsession. J’avais beau relancer le sujet régulièrement, et piétiner d’impatience, on n’avait pas encore réussi à bloquer un week-end pour y aller. Chérimari a fini par se décider, j’ai crié "Alléluia" et ai enfin pu barrer d’un trait rageur ce week-end du 26, avec le mot "mer" dessus.

Le besoin de la mer, je ne me l’explique pas, je m’y soumets, un point c’est tout. Je crois que je ne peux jamais m’en éloigner trop longtemps. Pas vue depuis les dernières vacances, autant dire une éternité, elle n’est pourtant pas si loin mais je vis avec une moitié difficile à déloger de son home-sweet-home le week-end, ce que je peux comprendre, étant donné qu’il y passe en courant d’air la semaine. Moi c’est l’inverse, la maison, même si je m’y sens bien, est synonyme d’une routine la semaine que je compte bien casser arrivée au vendredi soir.

Pour cela, rien ne vaut un bon bol d’air, quelle que soit la saison, le vent dans les cheveux, l’air iodé plein les narines et le cri des mouettes au-dessus. Direction la Côte d’Amour, comme souvent, avec les z’enfants et une recrue supplémentaire, ce qui nous donnait un air sympathique de famille bien nombreuse sur le marché dimanche matin.

Il y a quelque chose d’endormi, de silencieux et de reposant dans les villes balnéaires en plein hiver. Les villas et leurs volets clos, commes des paupières fardées fermées sur la vie des occupants, pour mieux conserver les restes de l’été disparu. La plage quasi-déserte, seulement foulée par des promeneurs encapuchonnés, le galop des chevaux, la foulée de quelques joggeurs infatigables, les vaguelettes minuscules à marée basse. Le silence dans les rues qui fait baisser d’un ton quand on se parle, parce que justement il n’y a que nous. On a l’impression d’avoir accès à presque tout sans attendre, sans circulation, et avec le sourire des commerçants, ce qui n’est pas toujours le cas l’été. Le ciel gris et bas à dix heures, puis tout bleu l’heure suivante. Les rouleaux faisant la joie d’un kite-surfeur solitaire à marée montante.

Dimanche, après un gros coup de vent, le ciel s’est dégagé et le soleil revenu a donné un air printanier à notre promenade, entre la Baule et le sentier côtier du Pouliguen, là où la mer, lisse et polie quelques kilomètres en face, peut laisser parler toute sa sauvagerie et sa fureur sur les rochers de la Côte Sauvage. Les regards échangés avec Chérimari, quand le sourire en coin, on s’est dit au même moment bien s’imaginer vivre au bord de la mer à l’année, un jour ou peut-être jamais, car de ce paysage on ne se lasse pas. Les souvenirs qui reviennent sur les bons moments passés ici, les z’enfants qui remontent de la plage les bottes pleines de sable et les pieds trempés, parce qu’ils se sont laissés surprendre par une vague. Les huîtres délicieuses, parce qu’on en avait envie. La gentillesse du monsieur qui m’a pris l’APN des mains pour que je sois aussi sur la photo, avec Misspaillettes.

Changer d’air, ça tient parfois à peu de choses, et on s’est accordés hier soir à dire que c’est une parenthèse qu’on devrait programmer plus souvent. Cette petite pause iodée nous a tous fait du bien, en particulier aux z’enfants qui ont dormi comme des marmottes sur la route du retour…

La Baule

La Baule

La Baule

La Baule

sentier

Le Pouliguen

Le Pouliguen

Le Pouliguen

Le Pouliguen

DSCN9667

Le Pouliguen

Côte Sauvage

horizon

 

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27 réflexions sur “Hors saison

  1. "Attente d’un rivage"… J’ai bien apprécié ces mots partagés. Né près de la mer et y ayant vécu à 200m(!) il m’est arrivé souvent d’éprouver le manque et de filer vers St Malo, Pénestin, Pornic, Le Croisic ou autres lieux magiques. Ces horizons font s’évader et nous transportent, nous faisant oublier ce qui nous pèse… Hâte de la revoir !

  2. Graouh tu me donnes envie! Vous avez eu beau temps en plus. Plusieurs mois que j’ai pas mis les pieds en Bretagne Sud, mon petit coin de paradis, ça manque!

  3. Comme je te comprends…
    Je suis de l’Atlantique moi, et comme toi, j’en ai besoin, c’est un ressourcement…
    Très belles photos, merci pour ces ptits bouts de rêves !

  4. Que c’est beau ! Je suis un peu comme toi, j’ai besoin de ma dose de mer régulièrement, sinon ça ne va pas… Même s’il pleut, même s’il fait froid, pas grave, ça fait quand même beaucoup de bien.

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