BCA, Pôle-emploi & (f)unployment

Ceux qui me connaissent en chair et en os, savent que pour le moment je suis… comment dire ? En recherche d’emploi (et d’idées, aussi), ça fait toujours mieux que de dire « sans emploi ». Les autres, les virtuels, peuvent toujours aller faire un tour ici pour se faire une petite idée de qui je suis dans la vraie vie. Ça fait un petit moment que je voulais écrire un billet à ce sujet, et justement, jeudi dernier un reportage d’Envoyé Spécial « Pas de travail, pas de problème » est tombé à point nommé pour alimenter mon post.

Le sujet était « le funemployment« , terme un peu barbare mais bien trouvé, contraction de « fun » (drôle, plaisant, pour les lecteurs fâchés avec l’anglais) et « unemployment » (chômage). Avant de le découvrir grâce au reportage, je ne connaissais pas non plus, je vous rassure. Il s’agit d’un mouvement né de la crise de 2008 aux USA, créé par tous ces gens qui se sont retrouvés d’un jour (pour ne pas dire d’une heure) à l’autre priés de faire leurs cartons et de quitter leur bureau car le séisme économique venant de frapper leur pays avait englouti leur emploi. Grosso modo, c’est ce que j’en ai compris. Deux ans plus tard, le mouvement et la crise ayant eu le temps de se mondialiser, le magazine s’intéresse à ce qu’ont fait ces « chômeurs déculpabilisés » de leur temps, car certains d’entre eux n’ont pas retrouvé de travail, crise toujours, mais ont mis à profit leur soudaine disponibilité pour ré-envisager leur rapport au monde du travail, allant même jusqu’à vivre autrement, réaliser un projet mis de côté depuis longtemps, un voyage, une nouvelle façon de consommer, etc.

Le reportage a soulevé beaucoup de questions chez moi et m’a tout-de-suite renvoyée à mon propre parcours, même si je ne suis pas demandeuse d’emploi issue de la crise à proprement parler. Inscrite chez Pôle-emploi depuis deux mois, à part mon premier rendez-vous et un rapide coup de fil, je me débrouille seule. Je ne touche pas d’allocation pour cause de démission de mon dernier poste, et ne suis pas prioritaire ; je ne vis donc pas aux crochets de la société (ouf, c’est rassurant) mais à ceux de mon cher et tendre (ouais, mais faut pas que ça dure trop longtemps, me précise-t-on aimablement)(Ça fait toujours du bien de se sentir soutenue). J’ai un Bac + 2, ce qui ne signifie plus grand chose aujourd’hui, car j’ai l’impression permanente d’être assise entre deux chaises (les peu diplômés et les sur-diplômés). J’ai travaillé environ dix ans comme assistante commerciale principalement, et coupé cette expérience de trois congés maternité et deux congés parentaux, sans regret, même si on sent encore chez certains recruteurs que cela tique quand on prononce les mots « congé parental », interprétés souvent comme quelques années de vacances à bon compte. Aujourd’hui, Timouton a trois ans, le CP est terminé et je me retrouve sur le marché, disponible et motivée, il en faut. Mais remplie de doutes aussi : grâce à ce recul pris pendant les trois dernières années, je réalise que je ne veux plus travailler comme avant, je suis plus sélective, plus exigente. Et entre-temps, trois z’enfants sont venus composer ma famille, que je ne veux pas sacrifier sur l’autel de la maman-active.

A l’époque où Miniprincesse est née, en 2004, j’ai pris un CP d’un an, puis j’ai retrouvé mon entreprise, presque les mêmes collègues, dommage le même patron, logique un autre poste (la monnaie de ma pièce). Ces années-là, le réveil sonnait le matin à 5h45, je levais les filles une heure plus tard pour les déposer à 7h45 chez la nourrice, discuter quelques minutes, ce ne sont pas des paquets quand même, partir au travail, distant de 40 kms et d’une demi-heure de route les jours où le trafic est fluide, pour arriver à 8h30. Le midi une heure de pause pas plus, réussir à quitter le bureau à 17h30 relève de l’exploit, y’a toujours un imbécile qui te tombe dessus à l’instant où tu éteins l’ordinateur. On te fait la remarque quand tu pars à l’heure mais jamais quand tu donnes les 30 minutes de plus qui vont te mettre en retard toi, vite reprendre la voiture, chemin à l’envers, récupérer les puces rapidos chez la nounou, rentrer jamais avant 18h45, repas, douches rapides, coucher à 20h pour elles, mais ta journée n’est pas finie.

Ce rythme-là, les filles l’ont connu, et Timouton privilégié, jamais, avec Chérimari on a d’ailleurs constaté très vite les différences de comportements quand ils étaient bébés : l’aînée, très speed et à l’anxiété puissance10, le dernier cool-raoul. Tout n’est pas à mettre là-dessus, mais cela a son importance, les enfants sont des buvards. Je ne veux pas leur faire revivre cela aujourd’hui, même s’is ne sont plus des bébés, et repartir comme en 40, stressée le matin en pensant à l’ambiance pourrie du bureau, et le soir en récapitulant tout ce qui te reste à faire à la maison, sans mari la semaine, car beaucoup absent. Concilier travail et famille, est-ce trop demander ? Les hommes, heureux sont-ils de ce point de vue, ont souvent plus de responsabilités au travail, mais on leur demande rarement de choisir. La femme, elle, se doit d’être parfaite en toute occasion : au travail, à la maison, pour ses enfants et son mari accessoirement.

Bref, je vais vite devenir hors sujet à ce rythme, car ce thème me passionne et je pourrais en parler encore longtemps. Cette parenthèse me fait me demander maintenant : « à quoi ça sert tout ça ? A payer une maison, une voiture, la bouffe, des vêtements, des loisirs sans excès, des vacances parfois, à consommer en somme. » A faire vivre une famille ; mais une fois tout ça enlevé, chez la plupart des gens, et je me compte dedans, que reste-t-il ? Pas grand-chose. Alors en conclusion, travailler de nos jours servirait uniquement à assurer le quotidien ? C’est un peu pessimiste et réducteur, mais force est de constater que oui. Car le travail dans l’aspect qu’il revêt dans notre société n’est franchement pas motivant : se tuer à la tâche, toujours sous pression, pour le compte de tyrans, un salaire au ras des pâquerettes, dans une ambiance exécrable, merci bien, mais j’aspire dorénavant à autre chose.

D’où le BCA, ou Bilan de Compétences Approfondies, que je viens de débuter, et dont j’attends beaucoup. J’ignore encore où il va me mener, mais il a déjà un point positif, c’est qu’il alimente ma réflexion !

Il y a une phrase que je garde bien en tête, c’est celle de Sophie-aux-1800-candidatures dans le reportage : « Le travail, il n’y en pas pour tout le monde ; alors qu’est-ce qu’on va faire de tous ceux qui n’en ont pas ? On va pas nous euthanasier quand même ? » Si le travail ne vient pas à nous, peut-être faut-il se créer son emploi, afin qu’il corresponde mieux à nos attentes, à nos désirs, à notre mode de vie. Enfin c’est ma réflexion du jour sur un vaste sujet… 

le bureau idéal !

13 réflexions sur “BCA, Pôle-emploi & (f)unployment

    • J’aime bien ton « très compétent » 😉 En effet, je le fais grâce à Pôle Emploi, mais ce n’est pas lui qui le fait, il le sous-traite à un « cabinet conseil et formations » privé dans ma ville, ils travaillent avec plusieurs cabinets de ce type. Si ton homme est inscrit Pôle Emploi, il peut se renseigner auprès de son conseiller PE, car la place est chère ! J’ai attendu 1 mois avant de pouvoir commencer mon BCA. Voilà quelques infos, qui pourront t’aider j’espère…

      • Je te remercie. Là, il est au bout du rouleau mon homme. Ça fait plus d’un an qu’il cherche. Il passe de conseiller en conseiller. Il a déjà eu à faire à des sous traitants mais je ne pense pas qu’il ait fait de bilan…
        Je vais lui en parler 🙂 Merci encore

    • Comme je le dis dans le billet, j’en attends énormément, j’espère ne pas être déçue à la fin. Je crois que c’est tout l’un ou tout l’autre, soit ça conforte dans ce que tu as fait jusque là, soit ça t’ouvre de nouvelles perspectives, moi c’est plutôt la 2è solution que j’espère ! Mais je raconterai évidemment !

      • Après notre w-e à Paris, pour le salon et le w-e à B pour le repos, je découvre les nouveaux écrits. Je comprends bien ton raisonnement sur le travail, et je suis sûre que tu tireras grand parti de ton BC sur toi-même et sur l’ouverture à une nouvelle activité professionnelle. Tout vient à temps à qui sait attendre

  1. Pingback: Anonyme

  2. Je viens de lire ton article et je me retrouve tout à fait dedans. C’est justement ça qui m’a poussé à créer ma propre entreprise : marre d’attendre un coup de fil pour un entretien où je savais d’avance que je ne serai pas prise, j’avais vraiment l’impression de mendier un travail. Et même si les fins de mois sont un peu difficile, au moins c’est moi mon patron.
    Sur ce je te souhaite de trouver ta voie toi aussi.

    • Merci ! Ton commentaire reflète tout-à-fait mon état d’esprit (y compris le fait de mendier du boulot). Être son propre patron j’y pense, mais pas facile…

  3. Tu sais je me reconnais bcp dans tes ecris surtout par rapport a mon travail, je suis dans la meme situation. UN BAC +2 (assistant de direction) qui sert a quoi? Puisqu en plus il n existe plus. Et au bout j ai quoi? Un boulot qui me rend malade et surtout l’envie de faire autre chose du haut de mes 27 ans. Sauf que moi je suis fonctionnaire et du côup^je ne peux pas faire de bilan de competence (car il fait 10 ans d années effectives pour y pretendre = j’en ai que 4 gloups) c est epuisant ses recherches, j espere que tu y vois plus clair

  4. Pingback: « Maman est en haut  dans Femme Actuelle « maman est en haut !

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