Les jeux du hasard et du destin

Certains jours, quand l’hiver se traîne à n’en plus finir et que le froid nous glace le sang dès le pas de la porte, même le trajet pour l’école est une corvée. Le ciel bas et lourd me donne envie de m’enfermer à la maison et de ne plus en sortir jusqu’au retour du soleil, la faute à ce fichu manque de lumière sans doute. Ces jours-là, je deviendrais limite sauvage et je me forcerais presque à entretenir un semblant de relations humaines avec mes semblables.

Ces jours-là, les pensées tournent en rond (petit patapon) et le noir revient au triple galop. Je reviens en arrière sur les derniers mois, voire sur les dernières années, et essaie d’en tirer des conclusions, en cherchant tant bien que mal où me mènent les chemins parfois tortueux que me fait emprunter le destin. Car je ne crois pas au hasard. Je me dis que ce que je dis, fais maintenant et le déroulement de ma vie jusqu’à aujourd’hui a un sens, forcément, quoique bien caché, parfois. Je me demande à quoi servent toutes les démarches effectuées jusque là pour tenter de décrocher un nouveau travail, si tout cela en vaut bien la peine, si ce n’est pas rien que du brassage d’air.  

Ces jours-là, il suffirait de pas grand-chose pour tout bazarder et dire à ma moitié : « Ok, tu as raison, on vend la maison, et on va voir ailleurs si l’herbe est plus verte, et le ciel plus bleu. » Ces jours-là, je tire des plans sur la comète, râle après tout et rien, un verre qui se renverse, la voiture devant qui n’avance pas assez vite, les z’enfants surexcités suffisent à me transformer en Maman-Ourse-Ricoré-mal-léchée, sauf que j’aime pas le Ricoré.

Ces jours-là, je ne me sens plus en phase avec rien, j’ai l’impression d’être complètement déconnectée, de ne plus savoir rien faire, de ne pas avoir ma place, d’être passive et inutile (état que j’exècre au plus haut point).

Ces jours-là, heureusement, il y a le bonjour des copines, un message gentil ou un mot aimable de la boulangère, et parfois ça suffit. Chacun ses problèmes après tout. Et je ne suis pas la plus à plaindre (mode Calimero-on).

Et ces jours-là, bizarrement, je pense souvent à ma grand-mère. Evidemment sa vie n’a rien eu à voir avec la mienne, les époques sont différentes, elle n’a pas eu les mêmes questions à se poser,  ni les mêmes choix à faire. Sa vie n’en était pas plus facile pour autant. Et je me demande ce qu’elle aurait fait, elle, dans telle ou telle situation.

Ces jours-là, elle n’y est sûrement pour rien, mais il arrive qu’une petite bulle d’air me soit destinée. Justement quand on n’attend rien, la surprise est d’autant plus grande de recevoir, parmi les mails qu’on va balancer à la corbeille, un message qui change la donne, une proposition, un projet… Et ça suffit pour remonter à l’air libre. Après tout rien n’est voué au hasard.

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