Leçons du passé et promesses d’avenir

source : Weheartit

Souvent, mes éternelles interrogations cessent de se concentrer sur moi pour se diriger vers mes z’enfants. Je me demande ce que j’aimerais leur inculquer, mes valeurs, celles de leur papa aussi, la politesse, la sacro-saint respect, le désir d’apprendre, l’ouverture aux autres, la tolérance, et si j’y parviendrai… Bien jolies vertus en vérité, pas toujours faciles à enseigner, parents imparfaits que nous sommes. Mais est-ce que l’éducation s’arrête à cela ? En tant qu’être humains, ayant notre enfance un peu loin et notre adolescence juste derrière nous, nous sommes parfois bien faillibles, et faibles aussi. Même si on voudrait leur montrer le contraire, être un roc pour ses enfants, une référence en quelque sorte, sans peur et sans reproche, alors qu’au fond on n’est jamais totalement sûr du pourcentage de vérité de ses actes et de ses paroles.

Le parent, c’est le premier modèle de l’enfant, d’abord pendant les premières années de sa vie, et un peu pour le reste, quand celui-ci est devenu un adulte qui se référera aux autres membres de son entourage, pour en tirer son propre jugement.

Comment donc être sûr de leur dire et faire la vérité quand on doute soi-même ? Comment échapper au quotidien au « fais ce que je dis, mais pas ce que je fais ? » sans tomber sous le couperet de leur yeux extra-lucides ? Autrement dit, comment garder le meilleur de notre propre histoire, les leçons du passé pour éduquer nos z’enfants ?

Nos jugements sont faits de nos propres expériences, des opinions de notre entourage, proche ou lointain, de notre passé parfois lourd à porter… Parfois ils peuvent être seulement influencés par l’humeur de jour, une contrariété ou au contraire une bonne nouvelle.

Comme tout le monde je pense, il y a des parties (peu) de mon passé dont j’aime me souvenir, et beaucoup que je voudrais pouvoir effacer et réécrire. Mais je ne suis pas du genre à regretter et me dire que c’était mieux avant. Le passé est propre à chacun et nous influons tous, même à petite échelle, sur la vie des autres. Nous sommes faits de notre propre passé, avec ses bons et ses mauvais côtés, si on le changeait, on deviendrait quelqu’un d’autre. Idéalement on devrait apprendre du passé pour imaginer l’avenir, ou tout au moins en tirer les leçons. Mais parfois, le passé regorge de tellement de choses qu’on a envie de laisser la vie faire le tri elle-même, un peu comme si on refermait la porte du placard sur tout ce qu’il contient, pour cacher le bazar, et confier à dame Providence le soin de diriger la barre.

De mon passé, je n’ai pas grand-chose à dire, il n’est ni pire ni meilleur que celui de n’importe qui, et je n’en ai pas des tonnes de souvenirs. Quelques uns sont vivaces : la petite école de village où tous les enfants se connaissaient, le manque de cousins compensé par une ribambelle de copines, des odeurs de moissons, de terre et d’herbe coupée, une robe mi-rose mi-parme à bretelles, les semaines de juillet ou d’août au bord de la mer…

Quand je m’y attends le moins, le passé surgit, me jetant à la figure des détails oubliés, ou simplement enfouis au fond de la mémoire, et remonte à la surface des images, des sons, des mots. Parfois je préférerais qu’ils restent d’où ils viennent, mais ils sont têtus et ne m’obéissent pas toujours. Chérimari n’a pas ce genre de considérations, en cela je l’envie : son passé, il le juge sans concessions, en regrettant parfois, mais sans s’attarder. Moi j’ai plutôt l’impression que le passé m’englue, j’aimerais me débarrasser pour de bon de son héritage, passer l’éponge, ne plus y revenir.

L’avenir, parce qu’il n’est pas encore écrit, est plein de promesses, et j’y place une confiance peut-être un peu rêveuse, idéaliste, volontairement. Je ne crains ni le mien, ni celui des z’enfants. J’aimerais faire en sorte que chacun d’eux y mette les pieds remplis de sérénité, de confiance en soi, d’estime de soi, notions dont je suis dépourvue et que j’essaie, du mieux que je peux, de leur transmettre. On ne peut pas réussir sans cela, j’en suis persuadée. On doute sans arrêt, on se questionne beaucoup trop, on met trop la balance des pour et des contre à contribution, ce qui ne fait que mélanger tout ce fourbi pour au final ne rien donner de concrêt.

Dès aujourd’hui, en l’adaptant à l’âge de chacun, j’aimerais leur dire : « Peu importe ce que les autres pensent, trace ta route, vis ta vie. Crée-toi de jolis souvenirs, les erreurs font grandir. Dépasse la méchanceté, la morosité. Refuse l’injustice, l’humiliation, la soumission. Ignore le rabat-joie, les complications à n’en plus finir, n’aies pas peur de te confier, de t’exprimer, de défendre tes idées, ni honte de pleurer… », en espérant pour eux le meilleur, comme le souhaite chaque parent qui regarde grandir ses enfants, et ne peut s’empêcher de se demander quel adulte il sera plus tard. En tentant d’appliquer tout cela pour moi, tant qu’à faire, et agir de sorte qu’ils sachent que derrière leurs pas, il y a eu ceux de leurs parents, qui auront certainement fait des erreurs, parce que la perfection n’existe pas.

Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves. Eleanor Roosevelt

Depuis plusieurs semaines, je tourne dans tous les sens le contenu de ce billet, sans savoir par quel bout l’aborder. Aujourd’hui, après bien des hésitations, je le livre spontanément, incomplet et quasiment sans correction. Il a été un des plus longs que j’aie eu à écrire ; et je me sens un peu mieux !

Pour aller plus loin, j’ai dans ma PAL depuis un petit bout de temps le livre « Imparfaits, libres et heureux« , si vous l’avez lu, merci de me dire votre opinion…

4 réflexions sur “Leçons du passé et promesses d’avenir

  1. J’aime beaucoup ton billet, j’aime bien lire les gens qui se livrent 😉
    Je suis un peu comme toi, beaucoup même ! Je n’aime pas mon enfance, beaucoup trop de mauvais souvenirs, mais les enfants les font remonter, tout les jours. Mais je parle beaucoup avec eux. ILs ne savent pas tout, mais je leur explique le pourquoi du ‘je suis cette maman là, la vôtre’…
    Mais j’aimerais être aussi sereine que toi quant au futur 😉 Merci pour le titre du bouquin, connais pas, mais vais le lire 🙂

    • Dans la vie, je ne me livre pas ou très peu. C’est vrai que nos enfants nous ramènent à notre propre enfance ; je trouve ça bien de pouvoir leur expliquer certaines choses. Et je n’ai pas tous les jours cette sérénité-là non plus, j’essaie juste de ne pas sombrer dans le pessimisme. Merci pour ton passage !

  2. Souvent, en lisant des lignes aussi personnelles, on se dit que finalement, on est un peu tous pareils… Et que la vie est ainsi faite… Profiter du moment présent, il faut apprendre, et des petits bonheurs, des gens qu’on aime.

    • Comme tu dis, on est tous pareils, ça rassure. Appliquer « carpe diem » à chaque jour, ce n’est pas inné mais on s’y essaie !

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