La coureuse

Dimanche matin, juste avant 9 h. J’entends les petits pas des z’enfants tout juste réveillés, Chérimari traînasse au lit. Je referme la porte derrière moi, dehors l’air est vif mais le soleil brille, ça va me faciliter le départ. Je prends la direction de l’étang. Quelques dizaines de mètres pour commencer en marchant, s’échauffer un peu, le polaire encore enfilé.

Je m’élance. Les premières minutes sont toujours les plus dures. Mais là ça fait trois dimanches sans jogging, ça va être une épreuve, je le sens. Dès les premiers mètres, mes mollets protestent, exprimant leur désaccord d’être si brutalement réveillés.

Un monsieur me voit arriver de loin, la cigarette allumée (dès le matin, bon appétit) : « Bonjour, vous n’auriez pas vu un setter ? » « Non » dis-je en soufflant et je m’éloigne.

9h05 : ça va un peu mieux. Les jambes sont chaudes, le souffle un peu plus posé, je trouve mon rythme. Les douleurs changent de camp et remontent vers les cuisses, ce n’est que le début (t’as signé, c’est pour en ch…).

9h10 : je monte la petite côte, prend le pont, et me dirige vers l’autre côté de l’eau. Un pêcheur a installé ses lignes, je croise un autre coureur bien plus pro que moi, on échange un bonjour sans s’arrêter.

9h15 : j’ai bifurqué après le camping, je prends la route dans l’autre sens, un cycliste dévale la pente à toute allure, il va certes plus vite mais il doit avoir moins chaud que moi. Le vent siffle dans les oreilles, amène des larmes au coin de l’oeil, donnerait presque mal à la tête.

9h20 : j’échange un sourire avec la dame en tenue de randonneuse qui profite d’aller chercher son pain pour marcher en même temps. Tiens le monsieur-sans-setter cherche toujours son chien, la laisse à la main. Mon cerveau me donne les signaux que la fin du parcours arrive, stop tu en as assez fait pour aujourd’hui, ça suffit, je veux arrêter. Tais-toi, et avance, encore 5 minutes, on est presque arrivée. Purée, j’ai l’impression de parler aux z’enfants, là, quand ils en ont marre de marcher.

9h25 : ça y est le parking est en vue, je souffle comme un boeuf. Encore quelques exercices d’étirement avant de rentrer. Je ne sais pas ce qui va me réconforter le plus : la douche chaude, ou les bisous et les bras ouverts en arrivant. J’ai bien une petite idée quand même…

Autant d’effort pour faire partie de la grande famille des coureurs, (dans la cour des petites sections, à mon niveau) ça mérite récompense, non ?

Publicités

7 réflexions sur “La coureuse

  1. Pingback: Au pas de course | Maman est en haut !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s