Le jeudi est un jour « sans »

source We♥it

Jeudi dernier, la journée semblait bien partie : tout le monde prêt quasiment à l’heure, avant 8 h, soit dix minutes de « liberté » pour quitter la maison sans se presser. Et puis pour je ne sais quelle raison, c’est parti en sucette : Timouton qui n’a rien voulu avaler et se décide au dernier moment, moi qui décrète que vraiment ce tee-shirt gris sous le cardigan ça ne va pas, et qu’évidemment quand on décide d’en mettre un blanc, il faut changer le soutien-gorge aussi, l’énervement qui me gagne alors que je vois les minutes tourner, la tête de Miniprincesse parce qu’elle mange à la cantine ce midi et pas sa soeur (qui va chez Meilleurecopine), le « qu’est-ce que je mets comme chaussures ? » alors que je l’ai déjà dit trois fois…

Je sens l’énervement qui monte, je tremble en appliquant le rouge à lèvres (fortement déconseillé), je monte dans la voiture en trombe et pour couronner le tout, un petit crachin se met à tomber. J’ai beau respirer à grands coups pour me calmer, rien ne marche, la route pour l’école est plus encombrée que d’habitude, parce que bien sûr, on est partis en retard, un comble alors qu’on aurait dû être à l’heure. A l’arrière, c’est silence radio, pas le moment d’énerver Maman.

Arrivée devant l’école, vite vite, j’ouvre la portière, tout le monde descend, prenez vos cartables, ce midi c’est cantine, bonne journée les petiots, et je repars. Juste au moment où je reprends la route, Timouton tombe.

Arrêt sur image.

Ses soeurs encombrées le relèvent, le frottent ; je vois sa grande bouche ouverte, les larmes qui coulent. Un instant je suis la spectatrice d’un film muet. J’arrête la voiture sur la rue, les autres parents vont gueuler, tant pis, j’ouvre ma vitre, plus de place pour ma garer, et plus le temps de descendre. « Ça va ? » je crie. « Oui, oui, c’est bon ! » me répondent-elles, avec pour fond musical les « Mamaaaaan » de Timouton (purée j’en ai les doigts qui tremblent encore à le taper, ce billet). J’envoie un bisou, je pars, là c’est sûr je vais être en retard.

A peine sortie de la ville, je n’entends plus la musique ni les bêtises que j’écoute d’habitude pour me mettre de bonne humeur. Il fait gris, la route est déjà bien chargée, je ne vois que l’image de la chute et des larmes qui repasse en boucle. Ah tiens, salut culpabilité, ça faisait longtemps.

Et là j’ouvre les vannes. Bravo ; adieu mascara, blush et rouge à lèvres, bonjour yeux rouges et gonflés, joues brillantes et nez qui coule. Et en plus ça bouchonne sévère. D’un autre côté je vais avoir le temps de me ressaisir avant d’arriver.

De toutes façons je déteste le jeudi, c’est toujours la journée de m…e, celle de tous les problèmes au travail, et où je mets le plus de temps pour y arriver. (Finalement, je suis arrivée avec cinq minutes de retard, le regard à peu près correct pour qui ne s’y est pas trop attardé, mais j’ai eu le bourdon toute la journée).

***

Ce matin, (oui on est jeudi), je me suis arrangée pour partir dix minutes plus vite, mais c’était sans compter sur :

Miniprincesse qui refuse de mettre ce gilet, et entame une dernière cracotte à 7h58,

– le chat qui ne veut pas rester dehors toute la journée, et se faufile dans tes jambes quand tu sors : « m…e, vous pouvez pas fermer les portes ? » (oui quand je suis énervée je dis beaucoup de gros mots, mais surtout je dis bien aux z’enfants de ne pas répéter),

– la ceinture du siège auto impossible à clipser : « mais qui m’a encore inventé un truc pareil ? C’est un homme, obligé, pour avoir si peu de sens pratique ! » (la dose de féminisme du jour, c’est fait),

– le froid soudainement tombé sans prévenir personne, et les manteaux des z’enfants pas encore achetés, nan mais depuis quand il fait 2°C le matin, en octobre ?

– la trouille d’arriver encore en retard, on est jeudi tu te rappelles ?

– la désagréable impression de larguer les z’enfants comme des paquets devant l’école (cette fois je suis descendue, bisous-câlin), culpabilité, barre-toi s’il te plaît,

– les bouchons, encore et toujours.

Mais aujourd’hui, je suis arrivée à l’heure !  (J’ai juste lâché les vannes un peu dans mon bureau, en me retenant du mieux possible). Et quand on me demande : « Ça va ? », j’ai envie de mordre, je réponds « NON c’est jeudi ! ».

On fait ce qu’on peut mais vivement le week-end (je vais décéder avant).

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19 réflexions sur “Le jeudi est un jour « sans »

  1. J’ai vaguement l’impression de me voir également quand je dépose les filles à l’école.
    Je n’aime pas du tout ce moment non plus…Allez courage, bonne journée,

  2. je n’ai jamais remarqué ici, une journée pourrie plus que les autres, en tout cvas aujourd’hui c’est vendredi et ca doit te faire plaisir!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  3. on pourrai peut-être décaler le jour de danse ???
    rassures-toi on a toutes (au féminin évidemment !) l’impression d’avoir déjà vécu cette situation…
    tu es juste normale, tout va bien !
    Ce soir c’est le week-end ! Détente va être le mot-clé…
    bises

  4. Pingback: A la ramasse (petites nouvelles du vendredi #3) « maman est en haut !

  5. big hug from Berlin…

    C’est vrai que je trouve les départs du matin assez anxiogènes…il faut que la mécanique soit super huilée, mais le moindre grain de sable dans la machine vient gripper les rouages et tout part en vrille (tu te rappelle la pub avec les morceaux de sucre qui font les dominos, ben c’est ça, quand il y a un truc qui foire, c’est l’avalanche). Alors ça me stresse, à partir du moment où je lance le fameux « allez, on y va », j’ai le taux d’adrénaline qui monte…chaussures, bonnets, écharpes, non arrête d’embêter ton frère, non Loulou on ne sort pas sans manteau, non ne court pas partout, je vais te mettre ton manteau, putain où sont les clés, merde j’avais dit que je posterai mon courrier ce matin il est où?, attention les doigts j’ouvre la porte, merde mon sac à main, je rouvre la porte… Ouf, j’en ai des suées rien que de revivre ça en l’écrivant/ Mais heureusement, demain c’est samedi !

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