Les petites marches

le 1er bonhomme de Misspaillettes oct 2006

Les étapes de la vie de famille, insignifiantes pour quiconque n’est pas le (la) principal(e) concerné(e) ou l’un de ses parents, ou plus porteuses de sens qui nous mettent sous les yeux la preuve éclatante que nos enfants grandissent, je les compare à des marches. Un progrès, un acquis, une compétence nouvelle qui jalonnent notre vie et la leur, et leur permettent d’accéder au niveau suivant dans leur apprentissage de la vie.

Sans me vanter de pouvoir situer avec précision la date de chacune dans l’existence des z’enfants, j’aime à m’en souvenir, comme le capitaine du navire note les évènements dans son journal de bord tout au long de la traversée. Si je devais citer quelques unes des plus marquantes, je dirais :

– le premier cri, avant le premier regard, dans les secondes de ce doux flottement de la naissance ; la première odeur, quand on pose le bébé contre soi ; la première tétée, sein ou biberon peu importe ; puis viennent plus ou moins vite, la première nuit complète, la première séparation, le premier vrai sourire, le premier rire, la première position assise, le premier déplacement (pas à quatre pattes car aucun des trois n’en a fait) ; la première position debout où on se rend compte qu’ils sont déjà tellement grands, une fois « étirés » ! ; le premier mot où on espère tellement que ce sera « Mama », le premier pas, la première bougie.

– ensuite c’est la grande période du tout seul, la première cuillère où on hésite entre laisser faire et craindre que la cuisine soit repeinte d’éclaboussures à chaque repas, l’escalier source de tous les dangers, les coins de tables synonymes de bosses, les chutes où on s’empêche de courir le relever, où on l’encourage en lui disant, « c’est bien allez vas-y » avec un grand sourire forcé.

– puis dans le désordre, viennent la propreté, la première plage où on les voit courir vers l’eau et revenir vers nous parce que c’est froid, le premier tour de pédale, les « pourquoi ? », le premier jour de garderie où on quitte vite vite les lieux le coeur serré sans se retourner surtout pour ne pas éclater en larmes devant les animatrices, ah non trop de fierté hein, surtout pas, on va garder ça pour la voiture.

– le premier jour d’école, où on les trouve si petits dans la cour, les cris et les pleurs que j’entends encore, la première journée entière avec cantine, la première fois où la maîtresse dit : « ça s’est bien passé aujourd’hui, il n’a pas pleuré » (et là on a envie de la prendre dans ses bras de soulagement). Le premier bonhomme, les premières lettres maladroites, le premier cadeau de fête des Mères, le premier cinéma.

– le premier passage sur scène, à la fête de l’école ou au gala de danse, où on se décroche le cou pour mieux le voir, en ayant peur qu’il (elle) ne sache plus faire. Et où on trouve, en toute objectivité bien sûr, qu’il dépasse haut la main tous les autres.

– le premier goûter d’anniversaire avec les copains, la première invitation chez une copine. Les roulettes que Chérimari enlève définitivement du plus petit vélo. La première fois où elle s’attache toute seule dans la voiture, où elle compose un numéro de téléphone de mémoire, les trois jours en classe de mer, ou la semaine à la neige (interminable)(pour nous bien sûr). Les trouver grandis, changés, à la descente du car, tous les parents disent ça. Comme s’il fallait se les réapproprier.

– les premières envies pour faire comme les copines, les premiers mails ou SMS sur mon portable.

Il y en a sûrement beaucoup d’autres mais je garde de chacune un souvenir ému, amusé, pas nostalgique, mais parfois interrogatif sur le pourquoi de telle attitude ou de telle réponse, et à travers ces questions, sur notre rôle de parent.

Dernièrement, je viens de prendre un vrai coup de vieux. Il n’est pas si loin le temps où je mettais dans mon caddie des pyjamas ou des bodies. Maintenant, je commence à faire provision de brassières, et ça je n’y étais pas franchement préparée !

Ci-dessous une pub que j’adore, et qui me fait pleurer à chaque passage. Mon état de chouinerie intensive ne s’est pas amélioré en devenant maman…

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8 réflexions sur “Les petites marches

  1. Et moi je te lis et ma gorge se serre. Je ne suis pas prête à regarder ta vidéo+. La maternité fait de moi une ultra sensible…

  2. T’as oublié le premier vomi, la première opération des oreilles, le premier « NON! », la première fois où il traverse la route sans regarder, les premiers coups de ciseaux pour une auto-coiffure… chuis fâââtiguée! Bouh! 😉

    • Ah mais les z’enfants ne vomissent jamais, ne sont jamais allés à l’hôpital, ne refusent rien, regardent avant de traverser, et attendent d’aller chez le coiffeur. Comment ça tu ne me crois pas ? 😉

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