Bon vent

Il flottait quelque chose d’inhabituel hier, dans l’air doux qui survolait la fête de l’école. Un savant mélange de nostalgie, de rappel du temps qui passe trop vite, de l’année déjà presque finie. Juin et ses airs de fermetures et d’au-revoir. Sans l’admettre, on sentait bien que cette fête avait un goût supplémentaire d’étape franchie et de page tournée un peu vite. Un directeur s’en va, appelé à d’autres responsabilités, un autre est nommé pour la rentrée.

Certaines personnes marquent de leur empreinte les gens qu’elles croisent, les lieux où elles travaillent, les équipes qu’elles côtoient au quotidien. P. (que nous appellons par son prénom) est de ceux-là, qui communiquent leur dynamisme, forcent les barrages, dépoussièrent les habitudes. On ne peut que suivre, tant les nouvelles idées semblent excellentes et enthousiastes. Dès le départ, on sent que cette personne-là marquera nos esprits. Et que le départ sera forcément difficile, eu égard à tout le travail accompli, et aux projets menés à bien.

Réussir le pari de mettre sur la même longueur d’onde enfants, parents, enseignants, en gardant comme premier objectif la considération de l’enfant en tant qu’individu, avec son tempérament, ses qualités et ses défauts était la ligne directrice. Grâce à cela, notre école est un endroit où je sens que les z’enfants (les miens mais les autres aussi, j’imagine) s’épanouissent, malgré toutes les petites contrariétés liées à leurs âges respectifs, et qu’ils connaîtraient partout ailleurs. (J’inclus là-dedans ma propension naturelle à la critique au sens large, autant vis-à-vis des enseignants que de l’Education Nationale en général, et écris donc ce billet en toute objectivité car rien ne se fait sans grain de sable, même dans les rouages de la plus parfaite des écoles, s’il en était)(Critique = bonne ou mauvaise, bien entendu). En tant que parents, on ne pouvait souhaiter une meilleure chose, pour débuter dans la vie. Car je suis intimement persuadée que pour leur donner le goût d’apprendre, il faut d’abord leur donner le goût de l’école, premier lieu de sociabilisation et de découverte de la vie, du comportement en société et du respect des règles.

Pour tout cela, hier, la gorge était un peu serrée et la voix pas franchement claire quand l’équipe des parents a entonné un « Adieu, monsieur le professeur » adapté à la situation. Chacun avait en mémoire les cinq dernières années, tout ce qui avait été accompli, le prénom de chaque élève connu, (et il ne s’agit pas d’une petite école), l’oreille attentive, le mot qui rassure, l’écoute et la compréhension.

Merci à P. pour tout cela, et bon vent !

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11 réflexions sur “Bon vent

    • Merci 😀 ton commentaire fait très plaisir ! Je ne savais pas trop comment le tourner, ce billet, il s’est écrit presque tout seul…

  1. J’y étais aussi en journée, et je confirme l’émotion palpable (même si nous n’étions pas dans le cercle)…

  2. J’y étais! Mais déjà partie pour le départ de P. Néanmoins, triste de le voir partir. Ma fille était encore au primaire à son arrivée. J’ai beaucoup apprécié cet homme.

    Anne

  3. Pingback: On f’ra coucou aux mouettes | Maman est en haut !

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