Cousins cousines

Dans la famille de Chérimari, tous les ans depuis quelques années, a lieu un pique-nique qui rassemble les grands-parents, oncles, tantes, cousins de la première (Chérimari, donc) et de la deuxième génération, soit une quarantaine de personnes en tout. Quand on sait que dans cette branche, le simple fait de souffrir de la faim et-/ou de la soif est considéré comme une faute grave, on devine à l’avance que l’on va passer un bon moment. Si le soleil nous accompagne, comme ce week-end, tous les éléments sont réunis pour que la fête soit plus folle.

Pour moi qui, dans ma jeunesse, ai passé tous les repas de famille en étant, avec ma soeur, les seuls enfants de l’assistance, et ne connaissais donc pas la définition du mot « cousin » au sens propre, voir réunies trois générations issues d’un même noyau familial a quelque chose qui m’étonne et m’amuse à chaque fois. Idem pour les grandes tablées, la notion même de « table des enfants » avec une quinzaine de convives âgés de 4 à 15 ans et quasiment tous dotés d’un solide appétit mérite le coup d’oeil.

Sachant que génétiquement, personne n’a la langue dans sa poche, les conversations sont en général animées. Autour d’un verre, on parle des vacances, un peu du travail, de la rentrée, de nos petits soucis de mamans -à croire que les soucis de papas, ça n’existe pas-. Les enfants mangent d’abord, puis on ne les voit presque plus de tout l’après-midi. Timouton est parti en mission-commando dans le jardin avec ses cousins et a dû parcourir cinq bons kilomètres à courir toute la journée ; les filles improvisent une cuisine sur la terrasse avec des pots de fleurs ; pour se rafraîchir, on installe un toboggan-bâche mouillé au jet d’eau, sur lequel glissent en hurlant de joie les enfants trempés et couverts de brins d’herbes. Avant cela, j’aurai dû m’improviser chirurgien-orthopédiste auprès de Miniprincesse qui s’est planté deux poutres échardes sous le pied (ça n’arrive qu’à elle) et sur lesquelles j’ai sué tout mon apéro pour les retirer. D’où l’utilité de ne pas trop s’hydrater si on veut rester lucide ensuite sur la table d’opération.

Le soir, on remet ça, la tradition veut que les aînés (ménageons les susceptibilités) offrent le repas, puis on pousse les tables et les décibels, pour danser pendant plusieurs heures. Je n’ai pour ma part pas vu cette partie de la soirée, une insomnie du vendredi soir m’ayant poussée vers le canapé et Morphée qui s’y était déjà installé. J’entends d’ici les mauvaises langues, ça ne m’atteint pas, sachez-le.

Dimanche matin, au petit-déjeuner, on était passés du simple au double à la maison. Et à la vue de cette table remplie de bols et de têtes blondes déjà bien réveillées, où on n’avançait pas à beurrer les tartines, j’ai repensé à mes folles affirmations du siècle dernier, qui me faisaient dire,  avant même d’en avoir eu un seul, que je voulais quatre enfants. Quelqu’un avait dû verser une substance dans mon verre quand j’avais le dos tourné, je ne vois aucune autre explication à cette ineptie aujourd’hui.

Cependant, j’aime cette idée de la vie de famille au sens large, qui crée les souvenirs et nous rapproche, nous qui ne nous voyons que deux ou trois fois le reste de l’année. J’espère bien qu’une fois grands, les z’enfants vivront avec leurs propres cousins, comme leurs parents avant eux, la joie de se retrouver, les fous-rires, la bonne humeur et le sentiment particulier d’appartenir à une tribu.

Une réflexion sur “Cousins cousines

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