Instants-bonbons

Malgré une volonté farouche de toujours vouloir stationner sur la place « optimiste », je reconnais que la vie quotidienne et son lot de routines épuisantes me renvoient assez souvent la monnaie de ma pièce. En bonne râleuse, consciente de son état au point de le revendiquer (j’ai d’ailleurs créé un tag à cet effet ici-même, voir en bas de page), mais qui se soigne, l’exemple le plus parlant est incontestablement l’énervement journalier envers des considérations bassement matérialistes comme le prix du carburant, le vingt-troisième papier de l’école à signer et à rapporter demain, les livres de la médiathèque à la date de retour encore dépassée, la question cruciale du qu’est-ce-qu’on-mange-ce-soir, et les micro-conflits avec les z’enfants, notés pas du tout par ordre d’importance. Bienvenue chez nous, une famille ordinaire.

Cependant le soir, quand la maison est endormie et que j’ai encore assez de neurones connectés, j’aime bien réfléchir à ce que m’a apporté la journée, ce qui m’a fait plaisir aujourd’hui, aux petits bonheurs du jour. Car forcément, même dans la journée la plus pourrite (mot favori de Timouton pour désigner les fruits mûrs), il y en a eu au moins un. Ce petit rembobinage présente l’avantage de me calmer si la soirée a été électrique et de me mettre dans de bonnes conditions avant le sommeil ; c’est ma petite douceur du soir.

Cette semaine, par exemple, j’ai aimé :

  • Miniprincesse, l’autre matin, quand elle m’a préparé mon sac de déjeuner pour m’avancer,  quand je courais entre les chaussures et le manteau juste avant de partir pour l’école.
  • Timouton, la chaleur de ses petits bras pour le câlin du soir, et la douceur de ses cheveux entre mes doigts, après m’être bien énervée car il ne voulait pas obéir.
  • Misspaillettes, qui a attendu mon retour de la danse devant Masterchef hier soir, pour me réciter sa leçon de sciences. Malgré des petits couacs dernièrement concernant des désaccords vestimentaires, la miss grandit et nous le fait savoir, hum, elle a toujours ce désir de bien faire et de ne pas nous décevoir. Comme si ça pouvait être le cas.
  • Timouton qui court dans les escaliers pour me rejoindre le premier, vite avant le réveil de ses soeurs, et s’asseoir sur le lit pendant que je me coiffe/me mets de la crème/tous ces trucs de maman auxquels il ne comprend rien, mais qu’il étudie avec beaucoup d’attention et multiples questions à la clef, quand je surprends son regard dans le miroir. En revanche quand je lui ai appris ce matin qu’il n’y aurait pas de dessins animés pour cause de jour d’école, alors que lui pensait être en week-end, la déception a été grande. Et les larmes nombreuses, forcément.
  • Misspaillettes encore, ce matin, qui a plié le linge sec pendant que je me brossais les dents. Qui a fait les lacets de Timouton, mis les cartables de la voiture, m’a aidée pour faire le lit de son frère. Toutes ces petites choses qui la rendent très responsable, à 10 ans 3/4. Et que je sens tellement fière de s’asseoir sur le siège passager et faire partie, au moins pendant les cinq minutes pour rejoindre l’école, du monde des grands. Mais qui est quand même remontée changer le sweat gris que je lui avais dit de prendre contre le rose.
  • Miniprincesse, ce matin, dans la voiture, haut-lieu d’échanges sur le chemin de l’école, et qui m’a récité sans faute et sans que je le lui demande les cinq mots invariables à apprendre. Ne crions pas victoire trop tôt, mais l’apprentissage ces derniers jours s’est fait un peu plus en douceur à la maison ; la belette commencerait à comprendre ce qu’on attend d’elle.
  • La minute « perdue » à distribuer deux bisous à chacun avant de les faire traverser le passage piéton, de la plus grande au plus petit, comme les Dalton.

Ce ne sont pas ces petits « services » qui me rendent les z’enfants précieux, mais le fait que ces instants construisent la vie de famille et nourrissent quotidiennement nos relations parents-enfants. Je me dis presque chaque jour : sans eux trois, notre vie serait drôlement monotone. Ces détails m’aident à oublier les petites tracasseries, les disputes, les conflits pour ne retenir que le meilleur, au moins jusqu’au prochain épisode.

Et comme beaucoup de gens, j’ai toujours tendance à aller vers la facilité et relever facilement ce qui ne va pas, mais je dis beaucoup moins quand ça va bien. Alors je me dois au moins de leur rendre justice ici : ils ne sont pas parfaits, tant mieux. Mais ils sont formidables.

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6 réflexions sur “Instants-bonbons

  1. Bravo… J’adore… C’est tellement ça la vraie vie… C’est ce regard sur le quotidien qui nous fait vivre mieux. Bravo de l’avoir écrit… et merci !

  2. J’adore ta façon de voir les choses, c’est tellement bon! Tu as bien raison de relever et de profiter de ces moments uniques.
    Bon weekend! 🙂

  3. c’est bien de constater qu’ils sont « aussi » formidables ! En plus d’être parfois « coquins » !!!
    On devrait leur dire cela plus souvent pour les stimuler à continuer à l’être… Mais ne rêvons pas quand même ! bises

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