Mercredi soir aux urgences pédiatriques

Qui se plaignait il y a tout juste quelques jours de ses nuits hachées ? Eh bien, les évènements se sont chargés d’y remédier pour moi, la semaine dernière, en m’envoyant tester les urgences pédiatriques une veille de jour férié. Et après ça je vous promets que j’ai bien dormi les nuits suivantes. Un petit compte-rendu ça vous dit (en même temps, vous n’avez guère le choix, c’est le billet du jour) ?

 Mercredi matin, mamie A. qui garde les z’enfants depuis 3 jours m’appelle : Misspaillettes (qui souffre du mal de ventre depuis le week-end) ne va pas mieux, ses antalgiques n’ont aucun effet. Pour éviter de consulter encore un médecin de garde le jour de la Toussaint, je préviens Chérimari qui prend rendez-vous avec Superdoc, ou son remplaçant plus exactement, pour le soir. Lorsque j’arrive du travail, Misspaillettes est effectivement pliée en deux, pâle et prostrée. A peine le temps de faire un bisou de réconfort et les voilà partis au cabinet médical. Une heure plus tard, le diagnostic est sans appel : le médecin nous enjoint d’aller aux urgences effectuer une prise de sang sans attendre. Et me conseille de dîner avant, vu que l’on va y passer un certain temps.

20:00 : je fais un sac SOS urgences : carnet de santé, courrier du médecin, pyjama, vêtements de rechange, eau, livre, chargeur de portable, et on part toutes les deux.

20:05 : on part de la maison. Au moment où je démarre la voiture, Misspaillettes vomit dans un sac heureusement prévu à cet effet. Je descends, il pleut, je retourne chercher un deux nouveaux sacs dans la maison. La nuit va être longue.

20:30 : on arrive sur le parking de l’hôpital. Il fait nuit, il pleut toujours. Mais où est ce satané panneau indicateur des urgences ? Je me souviens tout à coup qu’on était allés avec Chérimari un dimanche après-midi, en journée, se faire un parcours de reconnaissance des urgences pédiatriques, au cas où. Il y a 10 ans, donc.

20:40 : après avoir fait trois fois le tour du parking je décide de me garer, on va rejoindre l’entrée à pied. Misspaillettes a mal. J’attrape mon sac, le grand sac de secours, prend ma belette par la main. Il pleut.

20:42 : on arrive devant l’entrée et on tombe pile devant un panneau rouge (il fait nuit, je le rappelle) invisible depuis l’entrée du parking : « urgences pédiatriques ». On entre et on suit un immense couloir avant d’atteindre le hall d’accueil. Misspaillettes s’effondre sur une chaise pendant que je donne les renseignements à la gentille hôtesse qui me signale qu’il « va falloir mettre à jour ma carte vitale, ça n’a pas été fait depuis 2008. » « Ah bon ? » Je demande s’il y a une borne à l’hôpital, tant qu’à faire à être là, autant se rendre utile. « Oui mais elle ne fonctionne pas.  » Logique. « Vous n’êtes jamais venus ici ? » « Non, on n’est pas des abonnés de l’hôpital. » « Vous vivez avec le papa ? » « Heu, oui ??? »

20:50 : je m’assieds à côté de Misspaillettes. La puéricultrice m’appelle pour enregistrer mon dossier à un autre bureau. Je donne le courrier du médecin, toutes les explications sur l’état de ma belette. Pas de fièvre, très mal au ventre, antalgiques sans effet. La puéricultrice nous emmène dans la salle d’attente n°2 (la 1 est pleine) où patientent déjà deux couples avec chacun un enfant en bas âge. Il fait chaud, Misspaillettes a soif, mais je ne peux rien lui donner à boire, avant qu’elle ait fait sa prise de sang. Bien, je vais donc être obligée de boire en cachette.

21:00 : les soignants ferment la porte de leur salle pour les transmissions. Ca va, ça vient, mais personne ne s’arrête dans notre salle d’attente.

21:10 : une affiche indique : « votre ordre d’arrivée n’est pas obligatoirement l’ordre dans lequel vous serez pris en charge. Sont prioritaires les enfants de moins de trois ans, les cas de forte fièvre et ceux ayant un courrier de leur médecin traitant ». Ouf, nous sommes prioritaires, ça rassure.

21:18 : le papa à côté de moi fait patienter sa fille en lui lisant des histoires. Misspaillettes geint sur sa chaise. J’envoie un SMS à Chérimari : « on attend. »

21:20 : réponse : « OK comment va-t-elle ? » pendant que Misspaillettes court vers les toilettes. J’en profite pour boire.

21:25 : quelque chose me dit que finalement, on ne sera pas prioritaire.

21:30 : mince j’ai oublié, on est mercredi soir, je vais louper Desperate Housewives.

21:35 : une maman sort les yeux rouges d’une salle d’examen. Une machine fait bip toutes les secondes et demi, je compte.

21:40 : je vais commander un ordi portable à Noël, si j’en avais eu un j’aurais pu écrire un billet d’avance pour le blog.

21:45 : d’autres parents arrivent, bientôt il n’y a plus de place pour s’asseoir.

21:54 : Misspaillettes se tourne dans tous les sens et essaie de trouver une position confortable, finit par s’allonger en travers, la tête sur mes genoux. Sms de Chérimari : « toujours en attente ? » J’ai des fourmis dans les jambes.

22:00 : une puéricultrice arrive, se présente, fait un tour des patients de la soirée, revient avec du Doliprane pour les deux petits arrivés avant nous. Elle dit à Misspaillettes : « tu as mal ? » Celle-ci grimace : « oui ».

22:07 : sms de Chérimari : « y’a du monde ? » J’ai envie de répondre : « non mais comme on est au chaud, on va rester encore un peu ».

22:15 : Misspaillettes demande : « c’est quand notre tour ? » Je lui réponds pour la 10è fois : « bientôt ».

22:30 : l’infirmier vient nous chercher, nous emmène dans une salle d’examen, Misspaillettes s’allonge sur le brancard. Je redis pourquoi on est là.

22:40 : l’externe, puis la pédiatre de garde avec un faux air de Meredith Gray (les lunettes en plus) examinent Misspaillettes, me reposent des questions. La pédiatre semble perplexe, je pose la bête question de l’appendicite, sait-on jamais, ce qu’elle semble écarter.

On va sans doute lui faire une prise de sang, on en saura plus. Oui merci, c’est un peu pour ça qu’on est venues.

22:50 : j’aurais dû demander à la pédiatre si le Docteur Sheperd était de garde.

22:59 : j’envoie un nouveau SMS à Chérimari.

23:05 : Il fait froid dans la salle, Misspaillettes s’endort sur le brancard. Des bébés pleurent dans les salles d’à côté.

23:10 : je pense que là, j’en serais à 3 ou 4 billets d’avance pour le blog.

23:15 : je sors faire quelques pas dans le couloir, en notre absence la salle d’attente est pleine à nouveau.

23:30 : ce soir c’est Halloween. Note pour la prochaine fois aux urgences : prendre aussi dans mon sac mon nécessaire à manucure.

23:45 : j’ai terminé mon livre, je sors boire un verre en profitant du sommeil de Misspaillettes.

23:55 : L’infirmier et l’auxiliaire-puér. reviennent avec le masque, que j’applique sur le nez de Misspaillettes pendant la prise de sang. Je peux en prendre un peu, aussi, ça va me détendre, non ?

23:59 : résultat dans 45 minutes. L’infirmier propose de nous faire attendre dans le couloir, Misspaillettes qui tente de se rendormir peut rester sur le brancard.

0:15 : je commence à m’empaffer dans ma chaise. Une maman énervée sort de la salle voisine et déclare à la responsable du service « on s’en va y’en a marre d’attendre ». J’admire la patience dont use celle-ci pour tenter de convaincre cette mère de rester au moins pour avoir les résultats de son enfant, en vain. « Appelez-moi au moins demain matin alors, je pourrai vous les donner. C’est mon quotidien, madame, vous savez. »

0:30 : un enfant toussant à faire trembler les murs du service arrive dans les bras de son papa qui court en le portant.

0:45 : on devrait avoir les résultats là, bientôt.

1:00 :  la pédiatre revient, une ordonnance à la main. Misspaillettes n’a pas d’infection, je récupère son carnet de santé, on peut rentrer. Je remercie et lui souhaite une « bonne nuit ».

 Le temps de regagner la voiture puis la maison, il sera quasiment 2h. Une bonne moyenne pour ma première aux urgences, non ?

Le lendemain, Chérimari fera 30 kilomètres pour s’approvisionner à la pharmacie de garde.

Misspaillettes va mieux, on ignore encore la raison du mal, mais au prochain mal de ventre sérieux, on restera vigilant.

Pour m’en remettre, j’ai beaucoup dormi ce week-end, et je me suis vengée ne cuisinant toute la journée du samedi. Ah et je me suis aussi remise de mes émotions en compagnie d’un certain James dimanche, mais j’en ai déjà trop dit…

 

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22 réflexions sur “Mercredi soir aux urgences pédiatriques

  1. Les urgences pédiatriques, tout un programme! même pour un cachet de doliprane ca prend au minimum 3h, jamais moins. Un « kawasaki » il y a 2 ans (non pas la marque de moto, mais la maladie :)) m’a permis d’éprouver le système. L’emplacement du nom de l’enfant sur le tableau du couloir conditionne l’attente : colonne A = prioritaires/colonne B = pas prioritaires…
    L’important c’est que ta misspaillette aille mieux, et que ce n’était pas grave! Reste plus qu’a avoir 15j de sommeil pour récupérer 🙂

  2. oh la pauvre!!!ah les urgences, le personnel hospitalier est bien courageux, l’attente est toujours trop lognue quand on est dans cette situation, et ce n’est pas évident!la patience et la fatigue usent nos nerfs, elle va mieux j’espère?!

  3. C’est clair que c’est l’horreur…
    Il n’y a qu’une fois où c’était trop critique pour qu’on nous laisse poireauter…
    Je crois que je préfère attendre 😉
    Des bisous à ta puce, et j’espère que tu n’auras plus à connaître ça !

  4. Bon, l’essentiel, c’est que ta fille aille mieux !
    Même experience il y a quelques semaines dans ces mêmes urgences, avec mes 2 puces pour un sacré virus, iruption cutanée pour la petite et iruption d’aphtes pour la grande qui ne s’alimentait plus, son poids devenait critique. Arrivée a 19h30 sur les ordres du labo qui n’a pas pu faire d’analyse urinaire, puisqu’elle ne faisait plus pipi, sortie a 1h du mat, une fois que la grande avait avalé 1 yaourt devant un pediatre ( qui n’avait rien avoir avec Sheperd !)
    Bref, c’est nous qui avons trouvé le truc de l’alimenter a la seringue ( merci la neonat!)

  5. je te trouve super zen (ou alors je suis très stressée quand mes enfants sont malades car ça n’arrive pas souvent), les urgences c’est hyper anxiogène comme milieu…bon et tu sais ce qu’elle a en définitive? elle va mieux ? et toi tu t’es remise de la fatigue ? des bises !

    • Je garde mon sang-froid la plupart du temps, tant mieux car il en faut dans ces situations-là. C’est d’attendre qui est pénible car on ne sait rien. On ne sait tjs pas ce qu’elle a eu, j’avais le pont pour m’en remettre.

  6. Je pense que ton article oublie de mentionner :
    22:11 : SMS à Mimilady… dommage elle dort déjà!^^
    J’espère que cet épisode n’est plus qu’un mauvais souvenir, et que ta puce est en pleine forme… Nos filles ont un prénom maudit tu crois? 😉

    • T’as vérifié l’heure sur ton portable ? J’ai voulu faire comme toi, pour les urgences, mais c’était pas une bonne idée 😉 Ca va être difficile de changer de prénom, maintenant…

  7. C’est bien vrai, comme on me la dit en sortant de l’hopital, c’est vous qui connaissez le mieux votre enfant et faites vous confiance ! J’y repense souvent et c’est le meilleur conseil qu’ils m’ont donné ! Biz a toi et a ta tribu !
    Je trouve que ça fait un baille que l’on ne sait pas vu !

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