Indispensables et précieuses amitiés

rose 081212Comme le vin ou les gens qui se bonifient en vieillissant, le billet du jour a mûri lentement dans les brouillons du blog. Je lui ai laissé le temps, avant il n’était pas prêt, pas à (au) point, puis il a fait son chemin là-haut et est sorti tout seul. J’aime à croire qu’on ne maîtrise pas tout, et que parfois les choses vivent leur vie et se manifestent quand leur heure est venue. C’était la minute-philo de la semaine, pas d’inquiétude, ça ne va pas durer. Ce billet est encore un peu brouillon et je crains qu’il ne parte dans tous les sens, mais enfin je crois qu’aujourd’hui, pour lui, c’est le bon jour.

Après cette brève introduction, venons-en au vif du sujet. Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfant, j’ai toujours été entourée d’une nuée de copines. Dans la cour de mon école de campagne, nous étions une petite dizaine du même âge, à jouer à la marelle, à l’épervier, à nous fâcher un jour et nous rabibocher le lendemain. Pendant les vacances, ou les mercredis, on s’invitaient les unes les autres, en faisant de grandes tablées pour les goûters d’anniversaire. Il reste de ces après-midis quelques photos stockées dans un coin et il faudrait me menacer de torture pour que je veuille bien les montrer aujourd’hui, look des années 80 et une certaine décence pour les yeux m’en empêchant, sans trop me forcer.

Puis au collège, nous nous sommes éparpillées entre plusieurs établissements, et en 6ème, j’ai rencontré de nouvelles copines, parmi lesquelles celle qui est encore aujourd’hui ma meilleure amie. Nous nous sommes retrouvées dans la même classe quatre années durant, nous avons passé des vacances ensemble, puis la pension au lycée, et un appartement pendant nos études, faites dans la même ville universitaire. Ensuite, nos orientations pro ont différé, mais nous avons gardé et entretenu ce lien. Nous avons été le témoin l’une au mariage de l’autre, elle est aujourd’hui la marraine d’un des z’enfants. Ensemble nous avons beaucoup de souvenirs de différentes époques, nous avons beaucoup ri, plus pleuré de rire que de chagrin, et je pense pouvoir dire que l’oreille attentive n’est jamais bien loin, en cas de besoin, et malgré le quotidien bien chargé auquel nous avons toutes à faire face.

Au lycée, puis pendant les études, et au travail, j’ai aussi noué d’autres amitiés, certaines se sont éloignées géographiquement, ou au fur et à mesure des départs, il suffirait d’un rien pour renouer le fil de celles qui m’ont été le plus chères.

Quand nous sommes arrivés dans notre maison, parce qu’on n’est pas des sauvages, nous avons rencontré nos voisins, dans nos âges, eux aussi jeunes parents pour la plupart. Certains sont aujourd’hui devenus des amis, avec qui on partage, l’été le plus souvent, les indispensables apéros du week-end, les barbecues-parties et les soirées d’anniversaire. Quand Misspaillettes est entrée à l’école, j’ai aussi fait la connaissance d’autres mamans, avec qui le « feeling » a tout de suite été bon. J’aime cette sensation d’être sur la même longueur d’onde avec quelqu’un, sans avoir besoin de quantités d’explications, quand on sait qu’on va être compris et qu’on partage la plupart du temps le même avis. Ce qui n’empêche pas de se pouvoir se dire les choses quand les avis divergent, sans se vexer. Avec certaines, on constitue maintenant un petit groupe bien sympathique, les rires au quart de tour, toujours partantes pour se faire un resto pendant les vacances scolaires-sans-enfant, un thé en terrasse, un pique-nique. Même si c’est fatigant, et que je le regrette parfois quand sonne le réveil le lundi matin, j’aime avoir la maison qui se remplit d’amis, de rires et du bruit des flûtes qui trinquent, et ce, quelle que soit la saison. Plusieurs week-ends consécutifs sans voir personne, ce qui est rare, je l’admets, et c’est la déprime assurée en ce qui me concerne. Chérimari peut toujours tenter de ramener un petit « après, on arrête, hein ? », je n’en tiens guère compte et je ne suis contente qu’à la vue du planning familial rempli.

Mes amies, c’est mon réseau, indispensables et le service chevillé au corps. C’est celle qui va dépanner pour récupérer les z’enfants quand on est coincée dans un bouchon ; celle qui propose de prendre une belette pour une journée ou une nuit pour couper la semaine de vacances ; celle qui emmène l’autre pour une séance shopping pour accompagner sa fille ; celle qui remplit sa voiture avec les petites copines pour une après-midi piscine ; celle qui t’informe d’un bon plan et qui a bien pensé que ça t’intéresserait ; celle chez qui tu peux déposer deux z’enfants pendant que tu emmènes le troisième en catastrophe chez le médecin, un soir où tu es seule… Celles qui ont emmené les miss à la fête foraine, un mercredi après-midi, parce que j’étais au travail ce jour-là, et qui m’ont envoyé une photo en disant « c’est le bonheur ! » en me collant un sourire de ravie de la crèche pour le reste de la journée…

On dit parfois qu’on choisit ses amis. Je pense plutôt que c’est la vie qui choisit nos amis pour nous, enfin je m’accroche à cette idée, je crois que certaines personnes apparaissent dans nos vies à un moment précis, et que cette présence enrichit mutuellement nos existences.

***

Rien à voir, ou presque, mais il y a quelques jours, j’ai été touchée par l’histoire d’une maman et de ses filles, un peu en galère en ce moment ; peut-être parce qu’en cette période de Noël, on se dit que certaines situations ne devraient pas exister. Et que je me dis aussi que ce qui concerne certains peut, un jour ou l’autre, nous tomber dessus sans crier gare. Alors, parfois, la blogo peut aussi servir la solidarité… Si vous voulez en savoir plus, c’est sur le blog de Caroline que ça se passe : ici et.

PS : WordPress me signale que ce billet est le 600ème. Sans avoir rien calculé, je suis ravie qu’il soit sur ce thème !

 

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12 réflexions sur “Indispensables et précieuses amitiés

  1. Ce thème me plait bcp : l’amitié parfois plus forte que l’amour !!!!! on dit souvent que les vrais amis se comptent sur les doigts de la main, je l’ai constaté. Heureux hasard que ce soit le 600ème billet, il y a des signes dans la vie… Ton récit nous ramène aux choses essentielles, nous pouvons philosopher maintenant.

  2. Tu sais, j’ai l’impression d’entendre la voix off de Desperate. J’adore ces réflexions qui nous font réfléchir sur ce que nous sommes et sur ceux qui nous entourent.
    En tout cas, je suis bien contente que ton chemin ait croisé le mien en 1986 ou 1987 (punaise çà,fiche un coup de vieux, dire que nous sommes nées au siècle dernier).
    Merci la vie alors !!!!

    • En principe on m’appelle Bree, mais tu as raison, je me suis sentie l’âme de Mary-Alice ici ! Et merci le collège, 1987 et tout ce qui s’en est suivi 😀

  3. Je chante de temps à autre ce qu’un autre a écrit « On n’est riche que de ses amis… C’est dit ». Je le crois vraiment. L’expérience de ma vie c’est aussi que pour que ça dure il faut être un bon jardinier, entretenir avec amour et délicatesse chaque fleur d’amitié… différente l’une de l’autre mais si belles !

    • J’ai pensé à ce titre. Et pour ne pas perdre le fil, oui ça s’entretient, mais parfois la vie fait que… Bon au prochain billet « réflexion » je te donne le thème et tu l’écriras à ma place, puisque c’est si bien résumé ! 😆

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