Qui dort dîne

doudous

Timouton fait partie de ces enfants qui, s’ils devaient se réincarner en objet, deviendraient une pile. Dès le lever, une fois la difficulté du tirage de lit passée et les yeux en face des trous, il part au quart de tour pour la journée. En général, vers midi, il accuse un gros coup de barre, qu’une sieste réparatrice le week-end efface vite, et c’est reparti jusqu’au soir, où il fait tout à fond jusqu’au coucher. Aussitôt allongé, Morphée a tout juste le temps de lui tendre les bras, et l’enfant part pour onze heures de recharge, en général sans interruption. Chez lui, comme chez son papa, j’admire cette faculté étonnante à s’endormir à peine le bout de l’orteil sous les draps. Ça doit être masculin, sans doute, de tirer le rideau aussi vite sur la journée, mon côté féminin me laisse toujours en éveil quelques minutes encore, le temps au petit vélo là-haut de faire deux ou trois tours de pistes, avant de sombrer, mais pas en eaux profondes, non jamais. Nous autres les mères, on a toujours une oreille attentive au sommeil de nos ouailles, et c’est toujours nous qui entendons les enfants pleurer, crier ou parler la nuit, alors que le mari, espèce à la surdité sélective, annonce fièrement et sans honte au petit-déjeuner : « Ah bon, il(elle) a pleuré ? Je n’ai rien entendu ! » Tête à claque.

Il y avait d’ailleurs un truc bizarre dont je me souviens, pendant ma grossesse pour Miniprincesse, et que je n’ai jamais ressenti ensuite : je me sentais m’endormir. C’était très étrange, une sensation particulière et incomparable de lâcher-prise et de bien-être, tout en sachant, que si tout allait bien, j’allais me réveiller dans quelques heures.

Bref, la transition se fera plus tard, lundi soir j’ai autorisé Timouton à regarder un dessin animé pour laisser ses soeurs faire leurs devoirs en paix. Mais au bout du temps réglementaire écoulé, en bon adepte du « qui ne tente rien n’a rien », l’enfant a voulu prolonger la séance, et devant mon refus catégorique (« j’ai dit 18:00, tu arrêtes maintenant »), vexé, il est allé bouder dans sa chambre.

Encore un truc que je n’ai toujours pas compris avec les z’enfants. Je crois que j’aurais dû leur faire faire du mandarin ou de l’hindi en LV1 in utero, je suis sûre que là ils m’auraient comprise du premier coup. C’est pourtant pas compliqué : sujet-verbe-complément, dans sa langue maternelle, si ? Si. Donne un doigt, ils te prennent le bras. Et après tu es bien embêtée pour éteindre cette maudite boîte à images.

J’ai laissé l’orage passer, et quand est venu le moment de passer à table, suis allée chercher l’engin, qui s’était endormi sur son lit. Et qui n’a plus voulu en décoller, vu qu’il devait déjà avoir atteint le sommeil paradoxal en moins de temps qu’il n’en avait fallu pour s’allonger. L’appel du lit, irrésistible chez Timouton.

Un peu perplexe, mais convaincue depuis leurs premières minutes de vie qu’un enfant ne se laisse pas mourir de faim -comprendre par là qu’il m’est déjà arrivé, pour leur bien et aussi un peu de tranquillité, de privilégier le sommeil au dîner quand ils étaient rompus de fatigue- et devant moultes manifestations désagréables agrémentées de cris suraigus à chaque tentative de ma part pour le faire dîner, je lui ai tout bonnement enlevé une couche de vêtements et l’ai laissé dormir. En craignant que Timouton ne se réveille quelques heures plus tard, me tirant du sommeil, affamé.

Il n’en a rien été, l’engin était debout dès potron-minet (c’est-à-dire avant moi) mardi matin, habillé de la veille, frais comme un gardon et la mine réjouie devant mon air aux neurones pas tous connectés, et m’a demandé : « mais pourquoi je suis déjà habillé ? » « Mais parce que tu t’es endormi comme ça hier soir, tu étais très fatigué et tu n’as jamais voulu te relever. Je te change ? » « Ah non, je veux prendre mon petit-déjeuner d’abord, j’ai faim moi ! »

Qui dort douze heures ne dîne pas toujours : Timouton a enfilé un petit-déjeuner d’ogrillon comme il n’en avait encore jamais ingurgité !

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6 réflexions sur “Qui dort dîne

  1. Mon homme est peut-être l’exception qui confirme la règle : c’est lui qui entend à tous les coups notre fille se réveiller ! Et moi, j’entends mon garçon… Allez comprendre pourquoi ??

  2. Ma fille est un peu comme timouton. Une fois couchée, elle ne met vraiment pas longtemps à s’endormir, tout comme moi ^^ et ça ne m’empêche de l’entendre si elle se réveille

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