Le lapin sous emphétamines

paresse

Dernièrement, j’ai observé un curieux phénomène : moins j’aligne d’heures de sommeil au compteur, plus je suis efficace. La semaine dernière par exemple, j’ai dû dormir maximum 5h30/6h par nuit, entre les couchers tardifs because lectures addictives, les wagons qui ne se raccrochent pas dans le train du sommeil, le fait de se tourner et se retourner dans le lit qui n’est pas vraiment indiqué pour replonger, l’excitation à l’idée du week-end entre copains qui approchait, Chérimari absent quasi-toute la semaine et ma mauvaise volonté à rejoindre un lit glacial, la lune, la semaine-qui-va-pas-bien, que sais-je encore… Bref, on ne peut pas dire que j’étais vraiment fraîche comme la rose au réveil. Passées les cinq quinze premières minutes pour émerger à 6h30, une bonne douche, un grand mug de café et c’était parti pour des journées-marathon presque comme si j’avais fait le tour de l’horloge.

Ainsi, chaque soir, en rentrant du travail, non contente de me coltiner (seule, je le rappelle) les traditionnelles corvées inhérentes à mon statut de MDFN : devoirs, préparation du dîner, douches et coucher des z’enfants, j’ai jugé bon de ne pas m’affaler dans mon canapé à 20h45 et d’en remettre une couche, en anticipation du ménage fait habituellement le week-end. Je ne mentionne pas bien sûr le quotidien rébarbatif sous formes de lessives à mettre puis étendre, bien aidée par Misspaillettes toujours prête à donner un coup de main, effrayée par la vision d’horreur de sa mère réincarnée en pile électrique du matin au soir. Non, là j’ai grimpé d’un niveau. Un soir, c’est l’étage entier qui a été aspiré. J’en étais presque à me mettre à traquer le moindre mouton, à quatre pattes sur le carrelage pour regarder sous les meubles. Le lendemain, j’ai entrepris de dépoussiérer l’escalier et de nettoyer la salle de bains, puis de m’enchaîner à la table à repasser jusqu’à ce que mort s’en suive le panier plein trépasse, devant les derniers épisodes de Dr House. Mercredi, j’ai commencé les sacs de Miniprincesse et Timouton pour le week-end, afin de me consacrer le lendemain à notre valise à Chérimari et moi. Vendredi matin, j’ai poussé le vice jusqu’à me lever plus vite -fallait-il être motivée- afin de passer par la case « épilation » et préparer un far breton pour emporter en week-end le soir-même.

Au boulot, aucun coup de barre, alors que parfois avec plus de sommeil, j’oserais presque demander une demi-heure de sieste au Boss. Je ne m’explique pas cet état d’énervement permanent, je ne me dope pas, n’avale pas des litres de Red-Bull au saut du lit, je n’ai même pas été de mauvaise humeur vis-à-vis de la tribu, qui a dû sentir le vent venir et m’a laissée exercer en paix mes super-pouvoirs sur la maison. Bref, j’ai pourtant eu la nette impression de me transformer ces derniers jours en lapin Duracell qui aurait subi un électro-choc avec une double dose d’ecstasy. Est-ce le désir de partir en laissant derrière moi une maison propre et rangée ? L’excitation à l’idée de ce week-end programmé depuis des semaines, comme une gamine à la veille d’un départ en colo ?

Je me doute bien que cet état n’est que passager, quand on connaît ma procrastination habituelle pour tout ce qui a trait de près ou de loin aux corvées ménagères, je me doute bien que ça ne va pas durer. J’ignore si ce syndrome a un nom, du genre loi de Murphy mais version excitée-de-la-nuit-blanche. Je me méfie fortement des effets secondaires, car je sens que quand je vais m’écrouler je vais dormir 24h d’affilée… En attendant, c’est le dos qui morfle, c’est peut-être le signe que je dois me discipliner en terme de sommeil ?

PS : on n’a pas de lapin à la maison. J’ai trouvé que la photo de la créature poilue en préambule,  qui passe ses journées à faire la sieste, était l’illustration parfaite de mon contraire, ces jours-ci.

Publicités

9 réflexions sur “Le lapin sous emphétamines

    • Quand Chérimari promet, il tient sa promesse 😆 le week-end était trop bien, il m’a fallu toute la journée pour revenir à la dure réalité…

  1. tu peux m’envoyer une pincée de superwoman-power par la poste please ? parce que moi, je suis amorphe ces jours-ci … c’est le fait de savoir que la reprise du boulot après 3 mois d’arrêt est pour mardi qui me mine, à mon avis …

  2. Pingback: Le Club des 8 en Morbihan | Maman est en haut !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s