Le Club des 8 en Morbihan

St Cado 230313

Cela devait bien faire des années qu’on en parlait. Il me semble que cela remonte à tellement longtemps, que je ne sais même plus qui en a eu l’idée. L’occasion, en revanche, si : je crois que cela a été lancé dans la conversation lors d’un de nos dîners habituels de début d’année, entre l’huître et la langoustine : « Ce serait bien de se faire un week-end entre nous, au printemps, sans les enfants ! ».

Le projet a germé, s’est précisé, on en a rediscuté. La partie la plus difficile consistait à se dégoter une destination sympa, à maximum deux heures de route. A Noël, on s’est mis d’accord sur un gîte pouvant nous accueillir tous les 8 dans le Morbihan. M. nous a trouvé la perle rare, pour la fin mars.

Dès que la date a été inscrite sur le planning de la cuisine, j’avoue, le sujet est revenu très souvent sur la table, avec toujours le même mot pour finir : « vivement ! ». On s’est envoyé des dizaines de mails plus ou moins sérieux, on a recruté trois familles d’accueil pour répartir les z’enfants, C. a fait une check-list d’enfer prévoyant les repas à l’avance et répartissant les tâches ; la semaine précédente, j’ai été excitée comme une écolière à la veille des grandes vacances, pas moins.

Le jour J, un premier convoi est parti devant composé des chanceux en congé/RTT pour ouvrir la maison et préparer l’apéro, sans prendre trop d’avance, en attendant le deuxième groupe (dont je faisais partie) qui ne pouvait se libérer qu’en fin d’après-midi, après le travail.

Deux heures plus tard, on atteignait enfin notre pied-à-terre, et les hostilités pouvaient commencer.

Coucher en quelques mots le contenu de ces deux jours et ce sentiment ambigu d’être à la fois chez soi, entre soi, et ailleurs, n’est pas facile, car ils ont été un heureux mélange de ce qu’on aime quand on se retrouve tous, ce qui n’arrive en gros qu’une fois par an, et qui fait du bien. 48 heures qui m’ont fait retrouver des sentiments d’ado (je cite M. parce que c’est au mot près ce que j’ai ressenti), sans personne à charge, sans regarder l’heure. Il y a eu des rires, beaucoup, nés souvent à partir de rien, parce qu’on se connaît bien et qu’on peut se permettre de se moquer les uns des autres sans se vexer. On s’invite souvent, on se confie les enfants sans réfléchir, on a de temps à autre un humour particulier. 20 ans d’amitié, ça me donne la sécurité de penser que désormais, on se connaît tous par coeur, au point de finir parfois la phrase commencée par l’autre, sans même s’en rendre compte, ou de dire « tu me l’enlèves de la bouche, c’est exactement ce que j’allais dire. » Ou quand il n’y a rien à dire, à l’évocation d’un souvenir drôle qui semble dater d’hier, et que le silence prend le relais, on sait alors à travers un regard en coin qu’on a pensé à la même chose au même moment.

J’ai encore le sourire aux lèvres au souvenir du fou-rire partagé avec L. dans la cuisine, qui nous a fait nous tenir au plan de travail, pliés en deux, les côtes douloureuses, sans même me rappeler son origine (si tu t’en souviens, je te suis reconnaissante, je cherche depuis sans retrouver) ; les petits flans et le cake salé pour l’apéro ; le délicieux chili ; les insomnies d’E. qui l’ont fait jouer du lave-vaisselle à 6h30 ; la partie endiablée de Just Dance pour éliminer la raclette ; le café-Kinder sur la terrasse au soleil, bien emmitouflés ; la mer au bout de la rue ; les confidences masculines au pied du barbecue qui nous ont fait attendre trèèès longtemps les grillades ; les huîtres pour les uns, la galette pour les autres ; les « bon, les gars, on attend d’être servies, là » balancés avec insistance parce qu’on avait décrété que samedi soir, nous les filles, on n’en fichait pas une ramée ; la création d’une team marinière, parce que sans le vouloir, on était tous raccords, (pas de preuve par l’image, malheureusement). Les couche-tard, les lève-tôt, les endormis sur le canapé dès la fin du repas pendant la partie de Times Up des autres ; Hunger Games et 50 Nuances de Grey ; le vernis resté dans le vanity et qu’on n’a pas eu le temps de mettre ; les bacs à glaçons que j’ai glissés dans le sac de courses, prévoyante, car il n’y en avait pas dans le congélateur ; les « arrête avec ton téléphone » aimablement distillés par Chérimari ; les bulles pour les filles et la bière pour les garçons, sur le bord du jacuzzi ; la cigarette sur le port et les négociations pour le choix du resto ; le marché du samedi matin, le tirage au sort pour savoir qui conduirait dimanche, les restes à partager pour vider le frigo. La première nuit où on dort mal car rien ne vaut son lit. Les enfants qui, à défaut d’être présents, reviennent très souvent dans les conversations ; l’anecdote si drôle de la petite L. qui a créé un grand moment de solitude à sa maman.

Et puis, le Morbihan, sans conteste mon endroit préféré en Bretagne, depuis que j’y ai mis les pieds quand j’étais au lycée. Sa lumière, ses îlots, ses ports de pêche, l’odeur de la mer, le cri des mouettes ; la citadelle de Port-Louis, Saint-Cado et sa petite maison sur l’eau, le Vieux passage, les panneaux écrits en breton… Cette partie mérite bien un billet à elle seule, non ?

A suivre…

Port-Louis

Port-Louis2

Saint-Cado2

Le Vieux Passage1

Le Vieux Passage2

Le Vieux Passage3

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25 réflexions sur “Le Club des 8 en Morbihan

  1. rien ne vaut l’amitié ! ton billet est très touchant ! on ressent l’amitié et la joie que vous partagez !!!!

    • On s’est surtout dit que maintenant, on ne laisserait pas échapper une occasion de le refaire, un peu comme un rendez-vous d’amis en fait.

  2. Que de bons souvenirs effectivement ! Vivement le prochain WE !
    La prochaine destination est peut-être la Manche tout en restant dans un périmètre de deux heures max de route de notre point de départ. Alors si quelqu’un a des idées de destination, on est preneur.

  3. Quel beau billet. C’est vrai que c’était drolement bien avec un organisation qui frolait la perfection (jusqu’au bac à glaçons!!!). On a discuter de tout et de rien, sans montre, sans enfants, pris le temps de vivre, pour la énième fois refait le monde (autour du barbecue…) et surtout de nos prochaines destinations dont une ensoleillée pour le changement de dizaine….
    Un we très agréable avec de Vrais Amis. A refaire dès que possible…..

    Papapapilon

    • Oh merci, ça me touche bcp quand ça vient des intéressés ! A mettre sur la check-list des 40 ans : une dose d’anesthésie pour L., pour nous simplifer le voyage !

    • Et je viens de remarquer les majuscules à « Vrais Amis ». Je vais chercher un mouchoir. Tu préviens la prochaine fois que tu dis des choses gentilles 😆

  4. Il fallait bien une occasion pareil pour que je poste mon 1er commentaire ! Que de bons moments. Et avec peu de chose finalement :
    – une maison, un peu comme la notre car notre équipe comprend quelques « t’as-mal-où » dont je fais partie et qui ont besoin d’un certain confort
    – du temps, sans les enfants
    – et bien sûr des amis
    A faire et à refaire sans hésiter !

    • C’est pour ça que ça fonctionne, parce qu’on a les mm critères, le confort notamment. Il va falloir que tu m’expliques où tu as trouvé ton pseudo, parce que là je sèche !

  5. Moi qui croyait que tu lisais mes commentaires avec intérêt; même pas vus les majuscules pf……!!

    Papapapillon

    • Je lis tous les commentaires avec bcp d’intérêt, sache le 😉 mais parfois il faut une deuxième lecture… Et ça me fait très plaisir quand mes contacts IRL postent un commentaire 😀

  6. Pingback: Au bord de l’eau à Saint-Cado | Maman est en haut !

  7. Pingback: Les Motards ont du coeur édition 2013 | Maman est en haut !

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