Le dos de la cuillère (oops I did it again)

Mardi matin je suis arrivée en retard au bureau. Pas parce que j’ai fait la sourde oreille vis-à-vis du réveil, ou parce que j’ai traîné sous la douche. Pas non plus parce que j’ai dû désamorcer une énième bombe atomique entre les z’enfants (classique du matin) juste avant de partir, ni à cause d’un oubli de cartable. Non mardi matin, tout allait bien. Quasi à l’heure, même. Pendant le trajet, j’étais en train de réfléchir au prochain billet pour le blog, on observera que je suis au taquet à 08:15. Sans vraiment savoir de quoi je parlerais, je ne programme presque jamais les posts. Quelque part là-haut, quelqu’un a dû trouver que j’étais en manque d’inspiration, puisqu’on m’a fourni, à mes dépens évidemment, de quoi traiter. Mardi matin, quasiment deux ans jour pour jour après mon précédent exploit, j’ai décroché la queue du Mickey, en emboutissant la voiture-graouh à deux pas de l’école.

Il y a eu un énorme « boum » sur la place. Au début, par la secousse, j’ai d’abord cru que quelqu’un m’était rentré dedans. Avant de réaliser qu’en fait non, c’était ma grosse voiture qui mangeait le derrière de l’autre petite. Le lion et le rat, niveau taille, pour vous donner une idée. Sauf que je me serais bien passée de ce plus petit que moi. Je vous épargne l’énorme « Oooooh naaaaaan M********RDE ! » qui a suivi avant de descendre et d’aller m’assurer que le conducteur de la voiture devant allait bien.

Heureusement, il ne pleuvait pas (ça a son importance). Le monsieur dans qui je suis rentrée a eu comme moi, plus de peur que de mal, et nous étions l’un et l’autre à faible vitesse. Il a été charmant, aussi embêté que moi par l’incident, et par le retard occasionné pour me rendre au travail. On a observé à la lettre les consignes écrites en gros sur le constat, jamais inutile de rappeler car ça ne doit sans doute pas être le cas de tout le monde, qu’on doit « rester calme, être courtois et ne pas se fâcher ». Pour ma part, ça m’a permis de remplir mon premier constat, faut un début à tout. Le premier qui ose un « femme au volant » je lui pulvérise son pare-brise.

On a donc mis un certain temps pour tout bien cocher les cases, avec la peur de se tromper comme l’enfant qui va au tableau sous le regard attentif de l’instit’. On a fait le tour des voitures pour vérifier une dernière fois, avant de repartir chacun de son côté, moi les mains un peu tremblantes à l’idée des 40 kilomètres qui m’attendaient et de l’extrême concentration qu’ils allaient nécessiter pour arriver à bon port.

Je n’ai pas jugé utile d’avertir tout de suite Chérimari, me réservant cette intense partie de plaisir pour la pause du midi. J’ai bien fait. Bien que j’y aie mis les formes, en me retenant de rire, nerveusement, donc ça a dû s’entendre à ma voix : « Allo, j’ai eu un accident ce matin. », (comment ça c’est un peu abrupt ?), j’ai pu noter une fois encore la différence des priorités entre lui et moi. Là où, moi, recevant un appel de ce genre, je demande d’abord « Tu vas bien ? », sa réaction a été : « Mais c’est pas possible, t’as encore cogné la voiture ????!!!!!!! », avec soupirs exaspérés, ton qui monte et tout le jeu d’acteur de devant de la scène. « Oui, mais je vais bien hein, c’est juste un peu cassé. »

J’ai refusé de lui envoyer une photo immédiatement, le temps de faire retomber le soufflé brûlant. Au bureau, j’ai écopé de toutes les blagues foireuses et ai pris l’identité de Rémy Julienne. Mon Boss m’a même dit, au retour de la pause déj’,  que je n’y étais pas allée avec le dos de la cuillère.

Bon ceci dit, ce n’est que purement matériel, on se console comme on peut.

Ce n’est pas comme si on venait tout juste de changer d’assurances, que le contrat n’était pas encore signé, et que ce mois-ci c’est mon anniversaire. Je dois avoir un mauvais karma avec avril et la voiture, je ne vois que ça.

Allez je vous laisse, pour le prix d’un très joli sac ou de quelques paires de chaussures, je vais crier « jackpot ! », faire sauter la franchise et m’offrir un pare-choc.

Publicités

16 réflexions sur “Le dos de la cuillère (oops I did it again)

  1. Dans notre voiture on a un constat déjà rempli pour chacun des deux conducteurs, comme ça en cas d’accident (mais on n’en a jamais eu) on ne perd pas de temps à remplir les coordonnées N° du permis et autres trucs du genre. Et ne cas de pluie, c’est pire encore si tu dois tout remplir.

  2. ah et bien dis donc ! moi j’ai eu la version du monsieur charmant qui m’a dit …tu sais pas ce qui m’est arrivé ce matin…un accrochage…je suis embêtée pour elle comme si c’était arrivé à moi…. tu la connais en plus je crois !
    ce charmant monsieur c’est mon papa !

  3. Ah ben, c’est la tuile !!
    En lisant ton billet, j’entends sans problème dans ma petite tête la voix de Chérimari. Par contre, bien vu pour l’annonce des dégâts, on y va doucement mais sûrement.
    On veut bien une photo, histoire de voir de quoi tu es capable !!!!
    Biz biz.

    • Je me dis qu’avec le nombre de kms (et de ville) que je m’enfile par an, entre Chérimari et moi, je suis celle qui a le plus de risques quand même. Ca se défend comme argument, non ? (pour la photo, je vais voir ce que je peux faire…)

  4. Pingback: Une journée à San-Sebastian : entre tapas, aquarium et gouttes de pluie | Maman est en haut !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s