Au pas de course

J’ai commencé il y a deux ans. Avant ça, c’était tellement épisodique que ça ne valait pas la peine d’être souligné, une fois par ci par là, ça ne compte pas. J’y suis allée gentiment, à la belle saison uniquement, pas courageuse pour m’y mettre par temps froid. Ça a duré quelques séances. J’ai même fait une course, pour marquer le coup avant de ranger les chaussures. Puis l’hiver est arrivé, et au moment où j’aurais pu reprendre, c’en est resté au stade des bonnes intentions, sans passage à l’acte. Ou alors une seule fois, peut-être. L’été est passé, l’hiver est revenu, là on a un peu franchement abusé, et au printemps j’ai commencé à ressentir les conséquences de mes mauvaises habitudes. Alors cette année, c’était décidé, on allait se bouger le popotin et se remettre à courir.

Seulement, on n’a pas eu de printemps. Je ne cherche pas les mauvaises excuses, mais moi il me faut un minimum de conditions pour que je daigne sortir. J’avais même emporté l’équipement dans la valise aux vacances de Pâques, à Biarritz. Mais on a eu un temps de chien toute la semaine, et courir sous la pluie pour ressembler à un caniche trempé, et se choper une crève merci bien. Donc clos, le chapitre « printemps ».
Cet été, j’ai toujours eu autre chose à faire, les week-ends étaient remplis (comme tout le reste de l’année finalement), fallait préparer le départ en vacances, régler les détails, bref pas le temps Fernand. Puis on est parti dans le sud. Là aussi, j’ai glissé les Nike dans le sac de chaussures. Mais dans le sud, à l’heure où on se levait (pourtant pas tard), il faisait déjà trop chaud. Le soir, à peine le temps de lever le coude une fois ou deux, que le jour baissait déjà, courir à la nuit tombée, mais t’es pas folle non ? Bref, dans l’Aude, les baskets ont pris aussi des vacances dans la valise.

Sauf que. A peine rentrés, non contente de ne pas avoir perdu les excès de l’hiver et d’en avoir rajouté une couche avec les apéros à répétition, j’ai commencé à sentir le retour de la culpabilité et le fait de ne pas me sentir super bien. D’autant plus que la saison de danse était derrière moi depuis déjà deux mois, et que je ne me bougeais plus du tout. Et puis voir toutes ces photos de coureuses sur Instagram a fait pencher la balance, si elles y arrivent, pourquoi pas moi ? Il me manquait quelque chose, j’avais besoin de bouger. J’ai téléchargé une appli – Runkeeper– sur mon portable. J’ai pris le deuxième taureau du champ de mes bonnes résolutions par les cornes, et un soir, profitant de ne pas avoir les z’enfants dans les pattes, je suis allée courir. Je-peux-le-faire.

Dire que ça a été une partie de plaisir serait mentir, j’ai souffert et regretté aussitôt tous les mojitos ingurgités depuis le début de lété. Mais en alternant marche et course, j’ai tenu un petit 3 kilomètres. Si bien que j’ai remis ça deux jours plus tard, en changeant de parcours. Un dimanche j’ai même embarqué Chérimari avec moi, qui m’a mis un vent alors que le bougre ne fait aucun exercice physique, y’a pas de justice. Mais 4.8 km effectués.

Puis septembre est revenu, j’avais quelques séances derrière moi, comptant bien progresser. Il y a quinze jours, juste avant de recevoir ma copine B. et ses enfants, la matinée commençait déjà à sentir le roussi entre les miens, je suis partie m’aérer la tête et les jambes. Il faisait beau, je n’avais pas couru depuis 3 semaines, j’ai réussi à tenir 30 minutes, en augmentant la course et diminuant le temps de marche. C’était toujours aussi dur. Dimanche dernier, avec G. j’étais motivée. Mais on s’est couché à 4h30, et je me suis réveillée, comment dire, 2 minutes avant l’heure du rendez-vous. Laisse tomber, ce ne sera pas pour cette fois (mauvaise conscience allumée toute la journée quand même, hein).

Et puis il y a eu hier. Je voulais courir le matin, j’ai mis du temps à préparer le déjeuner, ensuite il était trop tard, bref. Faut pas grand-chose pour que le train des mauvaises excuses embraye la marche avant. En fin d’après-midi j’ai proposé aux filles de m’accompagner à vélo.

Les cinq premières minutes, c’est le calvaire. Les mollets, les genoux, les cuisses, tout est lourd et rouillé. L’étape suivante dure entre 15 et 20 minutes : les membres sont chauds, maintenant il faut trouver son rythme et son souffle, c’est pas évident. Et c’est souvent là que je faisais une pause. Grave erreur, je me suis accrochée. Et au bout d’une demi-heure, miracle. Ça glisse presque tout seul, je ne pense plus à la foulée, l’esprit s’évade ailleurs, la respiration devient mécanique, je n’ai plus envie de m’arrêter. L’avantage d’embarquer les filles avec moi, c’est qu’elles ont rempli à merveille leur rôle de voiture-balai, avec le ravitaillement en eau quand j’avais soif, les mouchoirs et les encouragements. J’ai entamé le retour de la boucle, en m’arrêtant sur une vingtaine de mètres seulement, dans la rue avec une pente très raide, pour reprendre aussitôt après sans m’arrêter, jusqu’à la maison.

En arrivant, je me suis sentie super bien, moins essoufflée que les fois d’avant, et c’était presque agréable à certains moments (je ne suis pas folle) !

Hier j’ai couru presque 6.5 km pendant 45 minutes. Autant dire que je n’avais pas dû faire ça depuis le lycée, et encore !  Et j’étais pas peu fière de moi…

Je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin, d’ailleurs si j’avais pu, ce soir, j’y serais retournée !

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16 réflexions sur “Au pas de course

  1. Bravo belette ! Il faut juste surmonter la difficulté du début …. Ce qui n’est pas facile … Tiens bon ! Tu va être fière de toi ! La prochaine difficulté va être de courir mais… En parlant avec moi !!! hi, hi…

    • Je ne suis pas sportive, ne l’ai jamais été (une vraie calamité au collège et au lycée) mais là c’est différent car c’est moi qui choisis, et ça change tout !

  2. Bravo, admiration! je fais ça aussi de puis la rentrée avec une copine car plus motivant à deux!! toujours une pour entraîner l’autre en cas de coup de mou!! et avec l’appli on se motive en rajoutant 200 m puis 500m à chaque nouvelle sortie!!
    bonne continuation!!

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