Hystérie maternelle

mistercat 11 2014Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Deux mois je crois, si on considère que deux mois, c’est long. Tout est relatif. Pourtant on n’est pas jeudi. Mais ça couvait depuis quelques semaines, il fallait bien que ça sorte. Ce soir je me suis littéralement transformée en cocotte-minute, sans la soupape d’évacuation, et j’ai explosé devant des z’enfants médusés qui n’ont rien vu venir.

Au départ, j’ai répété, gentiment, comme chaque soir depuis… je ne sais plus. Devant le manque d’enthousiasme général pour venir me proposer un petit coup de main, à l’heure du coup de feu, et leur tendance naturelle depuis la rentrée à prendre la maison pour un hôtel-restaurant 4 étoiles, au sein duquel j’assurerais les taches d’hôtesse d’accueil, de chef-cuisinière, de lavandière, et de femme de ménage, mon self-control qui avait repoussé sans cesse ses limites a touché ses fondations. Et ça tombe toujours les soirs où je suis seule à la maison, la fourberie enfantine est sans fin, ils savent que je suis d’un naturel plutôt patient et bien intentionné à leur égard (c’est mon côté optimiste à toute épreuve). J’en veux pour preuve qu’ils ne font jamais attendre leur père la moitié du temps qu’ils me font faire le pied de grue, à moi, leur mère, avant de faire ce qu’on leur demande.

J’ai bien pensé appeler Oliver Queen à la rescousse, qui leur aurait fait grand peur avec sa grosse voix, genre « les z’enfants, vous avez trahi votre maman » et leur aurait décoché une flèche dans les fesses pour qu’ils rappliquent fissa quand on braille « à taaaaaaaaaaaable ». Ce soir, tout le monde a fait semblant de ne pas voir qu’entre la préparation du dîner, l’allumage du feu, l’envoi de leurs fringues malodorantes à la machine, et la vérification des devoirs et des douches sans vider l’Océan Atlantique, je n’avais pas eu une seconde de répit depuis mon arrivée, alors que les deux grandes étaient trop occupées à préparer un gala de danse à l’étage, relou, et que le dernier se consacrait à l’écriture de sa wish-list de Noël, en mode sourd-muet, ce1power, (comme vu sur Instagram ce soir).

C’était oublier un peu facilement que ce matin, j’ai été réveillée à 05:39 par Mistercat qui avait décidé que c’était l’heure du pipi-toilette, et est venu miauler au pied de mon oreiller, et que je ne me suis pas rendormie, bien sûr. A 19:15, tout le monde est arrivé à table, rappelé aux notions de survie par l’appel du ventre, et a énoncé la bouche en coeur : « qu’est-ce qu’on mange ? ». Je me suis contenue tout le dîner, mais la goutte d’eau (bouillante) a débordé au moment de débarrasser quand ils ont commencé à se chamailler pour savoir qui allait ranger le pain ou emporter les déchets verts au composteur, là-bas si loin dans la forêt, sous la menace de la bête du Gévaudan qui rôde (comprendre le garage, à 2 mètres de la cuisine). Le garage c’est froid tu comprends. Fais gaffe, pas mes mains en revanche.

Là j’ai explosé, et sans le moins du monde bafouiller, contrairement à ce que je peux dire en temps normal, j’ai hurlé que si je devais compter tout ce que j’avais fait depuis mon retour, ils n’auraient pas mangé, n’auraient pas leurs vêtements prêts pour demain, pas de feu de poêle et qu’ils n’avaient qu’à bien se tenir, car demain soir vous allez voir, je ne fais strictement RIEN ! Leur intimant l’ordre de me débarrasser le plancher et en silence, j’ai envoyé les rejetons médusés par ces tombereaux de reproches dans leurs foyers et me suis sentie prise d’un énorme soulagement, qui m’a même fait rire après coup. Dieu que ça fait du bien ! LA PAIX !

Résultat à 21:00 plus un bruit, même Mistercat est consigné au garage ce soir, et je peux vaquer tranquille à mes occupations, notamment la rédaction de cet énorme billet-défouloir, écrit à chaud, donc rempli d’exagérations -quoique-  mais ô combien libérateur.

Demain est un autre jour ; je pense que là, j’ai eu mon jeudi anticipé…

***

PS1 : il est fort probable que la liste de Noël serve un de ces jours à allumer le feu, de façon complètement fortuite et non calculée.

PS2 : nous avons une maison très bien isolée, sinon je pense qu’on m’aurait entendue au bout de la rue.

PS3 : si Oliver Queen était venu à mon secours, je n’aurais pas été ingrate (je suis bien élevée) et l’aurais évidemment personnellement remercié, d’autant plus que l’époux n’était pas là. Aux grands maux… #jedisçajedisrien

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9 réflexions sur “Hystérie maternelle

  1. Ca ne s’est pas entendu chez les voisins d’en face, donc je confirme que a la maison est bien isolée 🙂
    Pour le moment pas de crise a la maison, mais louna est encore petite pour m’aider dans les taches ingrates, même si je commence déjà a râler pour les fringues qui trainent!

  2. si ton message était libérateur pour toi, il a provoqué chez moi un fou rire ! j’ai eu la même chose mardi soir ! ah çà fait du bien après !!!

  3. Pingback: Winter is coming | Maman est en haut !

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