La joggeuse du dimanche

Ça m’avait pris comme un mal de ventre, l’année dernière au printemps. Ça a disparu aussi vite, quelques dimanches matins et puis, hop, plus rien. Ça fait toujours ça, il paraît : un cap à passer après les premières séances, le creux de la vague, et ensuite que du bonheur, à en croire les vrais sportifs. Sauf que j’avais décroché pile dans le creux, et que je n’étais pas remontée. J’avais alors rangé mes Nike dans le placard, en attendant la prochaine édition.

Et puis au printemps, quand on a eu du soleil, de la chaleur et de la bonne humeur à plus savoir qu’en faire, (souviens-toi, avril dernier), l’envie de courir a à nouveau traversé mon esprit de sportive moins qu’amatrice. J’ai lancé la question, un jour à table, à un Chérimari plus que dubitatif devant mon idée du siècle, et mes arguments tirés par les lacets.

J’ai avancé que nous avions dépassé les 35 ans l’un et l’autre, qu’il serait temps de se préoccuper de notre forme, que cela nous ferait le plus grand bien. En désespoir de cause, j’ai déclaré que mis à part une bonne paire de chaussures, c’était un sport gratuit. C’était l’argument incontestable et décisif (en cas de manque de preuves, toujours émettre que ça ne coûtera rien – je ne dis pas que mon mari est pingre, attention). Les z’enfants pourraient même se joindre à nous : les parents courent pendant que les z’enfants sont à vélo. « Tu vois, à la SNCF c’est possible ! ».

Mais je suis facile à décourager, parfois, je reconnais qu’honnêtement en mai on a eu beaucoup de chats à fouetter, des fêtes de famille, des baptêmes,  juin est passé par là avec son planning à faire tourner Bree en bourrique et juillet ne m’a pas facilité le travail en arrosant de pluie chaque week-end où je voulais enfiler mes chaussures.

Dimanche dernier, j’ai senti comme un rappel à l’ordre, à la Baule. Voir tous ces gens courir, marcher, pédaler, à roller, le long de la mer, ça motive drôlement. Manque de chance j’avais oublié les Nike. Et même si j’avais voulu courir, grâce au copain qui me les avait rapportées entre-temps, dimanche il faisait un temps à ne pas mettre une bretonne dehors. Je veux bien faire un effort, mais je déteste être mouillée. La fin de la saison de danse, le manque d’exercice, le besoin de se dépenser, tout ça mêlé a suffi à me décider.

Le « pourquoi pas ? » s’est mis à tourner en boucle toute la semaine dans ma tête.

Ce matin, il faisait assez beau, au petit-déj’ j’ai jeté un : « bon, je vais courir » motivé à Chérimari incrédule, le nez dans son bol de café.

Avec Misspaillettes à bicyclette (pour la rime) comme coach, pour m’accompagner, et surtout me dire combien de temps l’exercice allait durer, ou combien de temps j’allais tenir, je suis partie. J’ai délaissé la grande route, me suis dirigée vers les petites voies campagnardes, là où on n’entend plus que les oiseaux, le bruit du vent dans les arbres, le tap-tap de mes chaussures sur le sol, et la respiration, lente au début, de plus en plus rapide ensuite.

Misspaillettes de temps en temps demande où on est, si je compte courir longtemps, si je veux un mouchoir.

Nous sommes ainsi parties plus d’une demi-heure, dix minutes de marche, vingt de course ininterrompue, dix de marche pour rentrer. J’ai eu la sensation d’avoir des genoux rouillés, comme si la mécanique manquait d’huile, les cuisses et les fessiers en feu. Les alentours de Mapetiteville ne me mâchent pas le travail, c’est rempli de collines, ça grimpe, pour un peu je comprenais ce qu’éprouvent les cyclistes du Tour de France au col du Galibier. Mais j’ai tenu bon.

Et j’ai éprouvé une agréable sensation au retour, un mélange de bonne fatigue et la satisfaction de la réussite.

On recommence dimanche prochain ? (J’essaie d’embarquer Chérimari).

Edit : ce billet a été écrit un dimanche (hier) et programmé pour aujourd’hui lundi, détail que j’ai oublié lors de sa rédaction. J’ai donc décrit mon jogging d’hier, je ne suis pas encore assez courageuse pour aller courir un lundi matin, avant d’aller travailler 😉

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12 réflexions sur “La joggeuse du dimanche

  1. ah mais la volonté était donc chez toi??nan parce qu’en fait, j’ai eu beau cherché, je ne l’ai pas trouvée pour décoller mes fesses de mon canapé-petitdej !! bon garde la, ça te va si bien !

  2. Nous sommes en phase!
    Il y a 3 semaines, en faisant mes valises, j’ai pesé longuement le pour et le contre avant de glisser ma paire de baskets et ma tenue de sport dans une valise qui se voulait légère (ratééeeeee).
    Entre le travail avec le groupe (trois semaines de voyage linguistique a encadrer), j’ai quand même réussi à aller courir 3 fois et demie!

  3. parce que l’une des sorties « jog » n’a duré qu’une demie heure, la moitié du temps « habituel »…Dans ma tête, j’ai l’impression de n’avoir fait que la moitié du travail ^^

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